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Blog révolu CGT-révolue du Département du Nord

Y'a pas que le fils de Bernard Derosier dans la vie !

30 Octobre 2009 , Rédigé par Le Peinard Publié dans #commissions paritaires CG 59

 

Le Landerneau nordiste, celui des bouffe-galettes et des chieurs d'encre s'agite et papote sur l'annulation de l'arrêté de nomination du fiston du Président du Conseil Général du Nord.

Dans les services et sur le terrain, ça laisse les salariés assez indifférents. Rien de nouveau sous le règne de la délégation de pouvoir et de souveraineté : les puissants se servent en premier.

or, il n'y a pas que des héritiers  dans la vie :


La vérité sur la suspension de la Cap de promotion

 

version pdf - cliquez

ici


La Cap de promotion 2009 suspendue !

Par ordonnance du 11 août 2009, le juge des référés du Tribunal Administratif (T.A.) de Lille a suspendu le tableau d'avancement établi au titre de 2009 pour les agents du département du Nord. Par la même ordonnance, le département du Nord a reçu l'injonction de réunir de nouveau les commissions administratives paritaires compétentes avant le 31 décembre 2009.

Cette ordonnance a été rendue après examen de la requête déposée le 29 juillet 2009 par le syndicat Cgt des Personnels du Département du Nord - (pour consulter l'ordonnance du 11 août, cliquez ici

A la suite de cette ordonnance, l'autorité territoriale avait l'obligation d'informer les agents sur les conséquences administratives et pratiques de la décision du T.A.. Elle dispose pour cela des supports de communication institutionnelle : l'Intranet et le journal «Partenaires».

Elle choisit une fois de plus la communication lacunaire, au coup par coup, et la désinformation systématique : rumeurs, intoxications, courriers elliptiques aux agents directement concernés.


Les causes et les conséquences de cette suspension intéressent au premier chef l'ensemble des agents de la collectivité. C'est un dossier collectif. L'autorité territoriale refuse d'assumer ses responsabilités et brouille les cartes. Il nous incombe donc de rétablir la vérité sur la suspension des promotions 2009.


Petite chronologie militante :


Une administration alertée bien avant la Cap

Printemps 2009 - l'autorité territoriale (Vice-Président aux Ressources Humaines et Directrice Générale Adjointe aux Ressources Humaines) annonce la tenue anticipée (précipitée) des CAP de promotion en juin. La Cgt59 réagit immédiatement. Elle pointe l'irrégularité du procédé et rappelle qu'aucun tableau d'avancement ne saurait être établi sans l'établissement des fiches de notation 2008. C'est le Statut, c'est la Loi !


L'autorité territoriale balaie l'objection. Sa décision est prise. Les listes de promouvables (agents remplissant les conditions statutaires pour être promus) sont affichées dès mai sur le portail Intranet. Les listes de proposés sont constituées par les directions et les DGA sans publicité, dans l'opacité habituelle. Rien ne filtre, les hiérarchies ne jouent pas le jeu de la transparence et pour cause. Pour être tranquilles, il faut entretenir la résignation et le fatalisme.


Préalablement à la Cap de juin, l'autorité territoriale met en place un discours gestionnaire favorable à la mise en concurrence des agents et à l'individualisation des rémunérations. Le Statut la gêne ? Pas de problème ! l'autorité territoriale s'assoit dessus.


25 juin 2009 : CAP de promotion.

Lors d'une déclaration liminaire, la CGT informe fermement et clairement l'autorité territoriale qu'elle déposera une requête au Tribunal administratif pour faire suspendre le tableau d'avancement 2009 établi sans notations 2008. L'autorité territoriale se tape sur le ventre et rigole.


Une CAP 2009 unanimement dénoncée, des organisations syndicales en colère, des agents écoeurés – un entêtement hiérarchique inexcusable :


Toutes les organisations syndicales votent contre les tableaux d'avancement ou s'abstiennent. Toutes sortent un tract dénonçant les méthodes, l'absence de critères et le mépris de l'administration.

Cf. tract « Pic, nic douille, c'est toi l'andouille » en pièce jointe pour connaître l'argumentaire cégétiste sur l'importance des notations dans la carrière.


Dès début juillet 2009, l'autorité territoriale joue la course contre la montre et s'empresse de faire verser aux agents promus, les rappels dus pour les promotions de grade prenant effet au 1er janvier 2009. Du jamais vu ! Une cap le 25 juin et le 3 juillet et des versements en juillet. Cet empressement vise à décourager notre syndicat.


Après en avoir longuement débattu, les membres de la Commission Exécutive du syndicat cgt59 ont décidé d'emmener leur employeur au tribunal administratif. Décision délicate à prendre, mais la défense du Statut, c'est la défense du collectif, de l'intérêt général, à notre niveau celui des 8 700 collègues.


Un jugement en faveur de notre syndicat :


En connaissance de cause, la Cgt59 dépose une requête auprès du TA le 29 juillet dernier. Elle a demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement des dispositions de l'article L521-1 du code de justice administrative, la suspension des tableaux d'avancement jusqu'à ce qu'il soit statué sur la légalité de la décision ainsi que l'injonction au CG du Nord de convoquer de nouveau, les instances paritaires pour de nouvelles CAP de promotion avant le 31 décembre 2009.


Rien à voir, n'est-ce pas, avec une demande de rétrogradation des agents promus ? C'est toutefois la rumeur que font courir l'autorité territoriale et ses hommes de main pour disqualifier une action syndicale et la transformer en une opération kamikaze. L'autorité territoriale est morveuse et refuse de se moucher, le juge a tranché sur l'urgence de la suspension en faveur de notre syndicat.


Le juge des référés a retenu la notion d'urgence dans le cadre d'une procédure irrégulière (pas de notations 2008 – pas de supports et de moyens pour apprécier la valeur professionnelle des agents en vue de l'avancement, pas de possibilité de recours pour les agents non promus). Il ne s'agissait que du référé, l'affaire à proprement parler doit maintenant être jugée sur le fond.


L'administration avait quinze jours pour faire appel. Elle ne l'a pas fait ! Elle n'a pas rencontré les élus en CAP ni la Cgt59. Ses intentions sont demeurées inconnues jusqu'à la diffusion des nouvelles dates de CAP de promotion début octobre .


Notations 2008 avant fin septembre, une indication précieuse sur les intentions DGARH :


Précieuse à double titre, comme indice d'une mise en place d'une procédure régularisée et comme opportunité pour les agents. En effet, c'est avec plaisir que nous avons vu des collègues exiger la révision de leur note et/ou de leur appréciation et se battre pour figurer sur le prochain tableau d'avancement. La notation c'est un peu infantilisant mais c'est le seul moyen actuel de recours contre une carrière qui piétine ou qui s'enlise. Il faut défendre sa notation, exiger une appréciation en rapport avec son travail, refuser les appréciations standards qui ne mèneront nulle part. Il faut exiger des réunions de conciliation, utiliser les Cap de recours de notation. Des appréciations sans relief sur plusieurs années, c'est une promotion qui passe sous le nez un jour ou l'autre.


Communication institutionnelle version désinformation :

Courant octobre, l'administration a envoyé un courrier aux agents promus suspendus. Elle les informe – enfin ! - de la suspension de leur promotion et du retour transitoire à leurs anciens grade et rémunération. Elle précise que les sommes perçues – rappel et augmentation - ne leur seront pas réclamées.

Ces courriers minorent la décision du juge qui aurait seulement «exprimé un doute sur la légalité» et présentent la décision d'engager une nouvelle procédure d'avancement comme une décision de l'administration...des vrais arracheurs de dents.


Alors pratiquement, ça donne quoi ?

Après les notations et les conciliations, la procédure devrait recommencer à zéro. Les listes de promouvables doivent être publiées. Les hiérarchies proposeront les agents. La Cgt59 veillera à ce que les tableaux d'avancement soient établis dans la transparence. Ils devront tenir compte de la CAP de recours de notation du 13 novembre.

Pour les promu(e)s «suspendu(e)s», l'avis des hiérarchies et leurs propositions ne devraient pas avoir changé depuis le printemps ! C'est une question de rigueur et de crédibilité. Enfin, tous les promu(e)s sur examens professionnels (et certains concours) retrouveront logiquement leur promotion.


La position de la cgt59 est que ceux qui avaient été écartés de la promotion 2009 puissent faire valoir leur droit à avancement grâce à leur notation et à la Cap de recours. Vérifiez que vous êtes bien proposé(e)s ou proposé(e)s à nouveau par votre DGA.


  • Les nouvelles Cap de promotion auront lieu les 10 et 17 décembre 2009.


Revendication Cgt59 : les ratios 2009 doivent être augmentés !


En décembre, les syndicats ne joueront pas une promotion contre une autre !


Il est donc dans la logique des choses que les promotions 2009 soient plus importantes que prévues initialement. Une majorité des promus de juin devrait être retrouvée et d'autres viendront faire valoir leurs droits. La Cgt59 demande d'ores et déjà l'inscription de l'augmentation des ratios «promus-promouvables» à l'ordre du jour du CTP du 30 novembre et espère que les autres organisations porteront la même revendication.


Il semble que l'administration souhaite une opération blanche. Pas nous !


Nous voulons plus de promus qu'en juin et espérons être rejoints sur cette revendication par les autres organisations syndicales.

 

 


Et la morale de l'histoire ?


Est-ce que tout cela a assaini le climat qui entoure les promotions. Pas vraiment ! Il reste toujours une frange minoritaire - pas quantifiée - d'habitués de la promotion : copinage, proximité avec la hiérarchie, self-service après vente, services rendus. Le malaise lié aux promotions dans la FPT va s'accentuer parce que les hiérarchies ont cédé à l'idéologie du mérite et l'idéologie du mérite n'est pas seulement celle de l'individualisation des rémunérations, c'est aussi l'idéologie de la lèche et de la soumission !


Sur ce coup-ci l'administration a voulu priver les agents d'un moyen de recours en ne les notant plus. Les militants cégétistes toujours sur la brèche pour défendre le Statut ont déjoué son mauvais tour.


Il faut le répéter : les agents qui veulent être promus en décembre doivent s'employer à faire connaître leur volonté auprès des syndicats et auprès de leur hiérarchie. Les listes ne sont pas closes. L'action syndicale de la cgt59 doit les inciter à ne plus laisser leur carrière et leur avenir leur échapper.

 


«Nous voulons plus de promus qu'en juin et espérons être rejoints sur cette revendication par les autres organisations syndicales»


 


PS : pour ceux que la partie juridique intéresse, ils remarqueront à la lecture de l'ordonnance, que le défendeur ignore un principe universel du droit à savoir qu'il n'est pas permis de se prévaloir de ses turpitudes pour contrer une accusation (page 2 – premier paragraphe).


PS : Nous ne disposons d'aucun document émanant de la hiérarchie sur le sujet – ce qui explique le caractère unilatéral de notre dossier « pièces-jointes ».



 

Syndicat CGT du Personnel du Département du Nord -

Local CGT – Forum – Rez de Mail , 43, Rue Delory – 59047 Lille cedex

courriel : cgt@cg59.fr ou cgt.cgnord@aliceadsl.fr – blog : www.cgt59.over-blog.org

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49ème Congrès de la Cgt : un "métallo" candidat au Secrétariat Général

26 Octobre 2009 , Rédigé par modérateur Publié dans #multitudes versus ideologie

Un Valenciennois face à Bernard Thibault au prochain congrès de la CGT à Nantes
samedi 24.1Un Valenciennois face à Bernard Thibault au prochain congrès de la CGT à Nantes0.2009
 " Jean-Pierre Delannoy part à l'assaut de la «forteresse».

Un an et demi que ça couvait, au moins dans les préparatifs. L'annonce sera faite cet après-midi à Paris, à l'issue d'une réunion du «  Rassemblement des organisations syndicales, des collectifs et mouvements » : Bernard Thibault, secrétaire général sortant de la Confédération générale du travail depuis 1999, va devoir s'attendre à affronter un candidat à ce poste lors du prochain congrès de la CGT qui doit se tenir du 7 au 11 décembre à Nantes. Jean-Pierre Delannoy, 57 ans en décembre, c'est lui, a franchi le Rubicon.

 

Le secrétaire général de l'union des syndicats CGT des travailleurs de la métallurgie du Hainaut-Cambrésis depuis 1988, devenu secrétaire régional des trois USTM du Nord - Pas-de-Calais en 2005, devrait être nommé aujourd'hui « porte-parole » - comprenez candidat au poste de secrétaire général de la CGT - d'un mouvement dont les adhérents dénoncent certaines dérives de la confédération, le rapprochement avec la CFDT n'étant pas le moins critiqué. « Nous en appelons à l'histoire de la CGT. On voit ce qu'on n'a jamais vu de la part de la CGT : la non-prise en compte de cette misère et de cette souffrance qu'on voit aujourd'hui, avec des dizaines de milliers d'hommes et de femmes jetés à la rue. Tout le monde est sur une base de renoncement, c'est inquiétant. Il faut redonner de la force à l'outil de lutte, construire un rapport de force. » C'est un résumé de la posture dans laquelle le Valenciennois se trouve aujourd'hui, avec ses « camarades ». Aboutissement d'âpres luttes internes entamées depuis l'accession de Bernard Thibault à la tête de la CGT, la démarche de Jean-Pierre Delannoy vise ni plus ni moins à la « reconquête de la forteresse par l'intérieur ». 

J.-M. B.

Article paru dans la "Voix du Nord"

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49ème congrès de la CGT : Debout la belle !

21 Octobre 2009 , Rédigé par Miette Publié dans #multitudes versus ideologie

POUR UN 49e CONGRES CAISSE DE RÉSONANCE -  espace d'expression militante

"Frustrations et colères se sont accumulées au fil des mois. Dans la dernière période elles ont été nourries par la confiscation du pouvoir par SARKOZY, par l’arrogance et le comportement indécent des banques, du patronat, ainsi que par la dictature des actionnaires imposant délocalisations et fermetures d’entreprises. Voilà qu’éclate maintenant le scandale du management des entreprises publiques et privées par la terreur qui a dejà conduit des dizaines de travailleurs au suicide. Cette situation insupportable ne pourra pas durer éternellement. Comment ne pas voir que ces tensions créent les conditions d’une forte explosion sociale. L’histoire de notre pays est jalonnée de ces explosions que personne n’avait vu venir.

Les centrales syndicales se sont fixées comme mission de canaliser le mécontentement afin d’éviter une explosion sociale. Cette stratégie prédomina durant le premier semestre 2009. Elle conduisit au découragement et à l’échec d’un mouvement pourtant puissant et décidé. Les états majors syndicaux seront vite dépassés par les événements s’ils n’opèrent pas une rupture avec les complaisances et les complicités qu’ils ont nouées avec le pouvoir et le MEDEF, avec le Président de la République en particulier.

La CGT tient congrès dans quelques semaines. Le problème est de savoir si le 49e congrès servira de caisse de résonance des souffrances et des luttes du monde du travail et de la jeunesse. Sera-t-il le point de départ d’un ample mouvement interprofessionnel et intergénérationnel ? Verra t on la direction confédérale, qui craint l’analyse concrète de la situation, et l’action qui en découle, réussir à étouffer le débat, à museler la parole des délégués, en particulier celle des militants qui ont été à la tête des luttes de ces derniers mois ? Ce serait un véritable déni de justice, et de démocratie. Pour éviter cette sombre perspective, plus que jamais les bouches doivent s’ouvrir, et leur force se transformer en bruit assourdissant. GUY POUSSY
 Syndiqué CGT depuis 1950"

Nous publions les textes de camarades cégétistes d'autres syndicats.  Nos critères  de choix ne sont  pas  définis, ce peut être la sincérité du propos, la pertinence de l'analyse, la puissance de la conviction, l'émotion,  etc

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Scoop au Conseil Général du Nord : les DGA et le Vice-Président au Personnel vont camper à ROUBAIX HEM

16 Octobre 2009 , Rédigé par Le Peinard Publié dans #cgt59

Après l'effondrement d'un plafond de plusieurs centaines de kilos sur les bureaux des collègues de l'UTPAS de Roubaix Hem, l'autorité territoriale essaie de classer le sinistre en catastrophe naturelle. Les experts en tous genres de la collectivité (Directeurs, Ingénieurs, Préventeurs) ont déclaré que la chute de ces 50 mètres carrés de dalles agrafées à des poutrelles de sapin elles-mêmes fixées par des tenons à la dalle de béton était totalement imprévisible compte-tenu que les lois de la physique commune ne s'appliquaient pas pour notre collectivité.

Négligeant la demande de notre syndicat d'un CHS exceptionnel, ces experts en tous genres ont décidé pour contrer le mauvais sort qui frappe les collègues de l'UTPAS (vandalisme, tir de fusil, cambriolage, déménagement à la rouf-rouf), d'installer leurs bureaux et leurs activités sous le plafond restant (un plafond initial de 600 m2 séparés en deux par une cloison) et  de démontrer le caractère accidentel du premier effondrement. Dès lundi seront déménagés les bureaux du Vice-Président au Personnel, de la DGARH,  du  DGAS, du DGAEPI.   Le mobilier sera entouré de gros sel contre les mauvais esprits. On prévoit d'interroger les augures pour déterminer si le plafond tiendra ou non. Nos autorités, auxquelles nous tenons,  seront équipées d'un casque de chantier.

Cette participation aux risques a également pour objectif d'encourager les collègues qui, depuis quinze jours,  travaillent dans des conditions indignes des règlements de sécurité. Mais,  comme les en  accuse leur directrice "Tout est bon pour ne pas travailler". On reconnaît-là son élégance naturelle et son sens de la diplomatie, ce serait une recrue idéale pour France Telecom. La MDPH est déjà en mains.

Bon, vous l'aurez compris, ceci est un canulard et les pontes vont rester bien au chaud dans leurs appartements. Ceci dit, une fois de plus lorsqu'il s'agit d'établir les responsabilités, pas pour sanctionner mais pour tirer des leçons et éviter la répétition, c'est la débandade du côté de nos responsables. C'est pas moi, c'est pas nous, on n'était pas là, ce n'est pas arrivé, il n'y a aura pas de CHS exceptionnel et les élus du personnel n'iront pas mettre leur sale nez dans nos affaires.
Ce n'est pas bien glorieux, qu'ils évitent ensuite de se pousser du col et de nous donner des leçons.

Alors, il n'est pas trop tard, le CHS exceptionnel on l'attend ! sinon ce n'est plus leur responsabilité morale et professionnelle qui sera en question mais leur responsabilité pénale !

PS : les élus et experts CHS de la Cgt et de Sud avaient demandé lors de la visite des locaux temporaires que des cloisons soient installées. On aurait mieux fait de les écouter.
re-ps : il n'y a pas eu de blessés dans cet effondrement, l'autorité aurait dû en profiter pour rattraper ses manques mais non, nous assistons à la même crispation que lors de la défenestration de notre collègue de la DSPAPH : dénégation, opacité, refus des procédures inscrites dans le droit du travail (convocation dans les quarante-huit heures d'un CHS).

erratum sur les superficies : lire 50 m2 et non 300




 
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Préavis de grève pour le 22 octobre 2009

15 Octobre 2009 , Rédigé par modérateur

Services publics Préavis de grève pour la journée du 22 octobre 2009
lundi 12 octobre 2009

La Fédération CGT des Services Publics dépose un préavis de grève pour la journée du 22 octobre 2009 de 00 heures à 24 heures « pour le développement industriel et de l’emploi » pour l’ensemble des personnels de son champ de syndicalisation, dont les personnels des collectivités territoriales, et pour la satisfaction des revendications en matière de :
  • défense et développement de l’emploi public
  • hausse de salaires et plus particulièrement une augmentation sensible de la valeur du point d’indice et une véritable refonte de la grille indiciaire des catégories C, B et A
  • meilleures conditions de travail
  • réformes progressistes de la fiscalité publique, permettant aux Collectivités locales de développer le service public et les emplois statutaires qui en découlent
  • retraite

 
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L’idéologie sociale de la bagnole.

14 Octobre 2009 , Rédigé par Hérisson Publié dans #BUZZ

Le vice profond des bagnoles, c’est qu’elles sont comme les châteaux ou les villa sur la Côte : des biens de luxe inventés pour le plaisir exclusif d’une minorité de très riches et que rien, dans leur conception et leur nature, ne destinait au peuple. A la différence de l’aspirateur, de l’appareil de T.S.F. ou de la bicyclette, qui gardent toute leur valeur d’usage quand tout le monde en dispose, la bagnole, comme la villa sur la côte, n’a d’intérêt et d’avantages que dans la mesure où la masse n’en dispose pas. C’est que, par sa conception comme par sa destination originelle, la bagnole est un bien de luxe. Et le luxe, par essence, cela ne se démocratise pas : si tout le monde accède au luxe, plus personne n’en tire d’avantages ; au contraire : tout le monde roule, frustre et dépossède les autres et est roulé, frustré et dépossédé par eux.

La chose est assez communément admise, s’agissant des villas sur la côte. Aucun démagogue n’a encore osé prétendre que démocratiser le droit aux vacances, c’était appliquer le principe : Une villa avec plage privée pour chaque famille française. Chacun comprend que si chacune des treize ou quatorze millions de familles devait disposer ne serait-ce que 10 m de côte, il faudrait 140 000 km de plages pour que tout le monde soit servi ! En attribuer à chacun sa portion, c’est découper les plages en bandes si petites - ou serrer les villas si près les unes contre les autres - que leur valeur d’usage en devient nulle et que disparaît leur avantage par rapport à un complexe hôtelier. Bref, la démocratisation de l’accès aux plages n’admet qu’une seule solution : la solution collectiviste. Et cette solution passe obligatoirement par la guerre au luxe que constituent les plages privées, privilèges qu’une petite minorité s’arroge aux dépens de tous.

Or, ce qui est parfaitement évident pour les plages, pourquoi n’est-ce pas communément admis pour les transports ? Une bagnole, de même qu’une villa avec plage, n’occupe-t-elle un espace rare ? Ne spolie-t-elle pas les autres usagers de la chaussée (piétons, cycliste, usagers des trams ou bus) ? Ne perd-elle pas toute valeur d’usage quand tout le monde utilise la sienne ? Et pourtant les démagogues abondent, qui affirment que chaque famille a droit à au moins une bagnole et que c’est à l’ « Etat » qu’il appartient de faire en sorte que chacun puisse stationner à son aise, rouler à 150 km/h, sur les routes du week-end ou des vacances.

La monstruosité de cette démagogie saute aux yeux et pourtant la gauche ne dédaigne pas d’y recourir. Pourquoi la bagnole est-elle traitée en vache sacrée ? Pourquoi, à la différence des autres biens « privatifs », n’est-elle pas reconnue comme un luxe antisocial ? La réponse doit être cherchée dans les deux aspects suivants de l’automobilisme.

1. L’automobilisme de masse matérialise un triomphe absolu de l’idéologie bourgeoise au niveau de la pratique quotidienne : il fonde et entretient en chacun la croyance illusoire que chaque individu peut prévaloir et s’avantager aux dépens de tous. L’égoïsme agressif et cruel du conducteur qui, à chaque minute, assassine symboliquement « les autres », qu’il ne perçoit plus que comme des gênes matérielles et des obstacles à sa propre vitesse, cet égoïsme agressif et compétitif est l’avènement, grâce à l’automobilisme quotidien, d’un comportement universellement bourgeois (« On ne fera jamais le socialisme avec ces gens-là », me disait un ami est-allemand, consterné par les spectacle de la circulation parisienne).

2. L’automobile offre l’exemple contradictoire d’un objet de luxe qui a été dévalorisé par sa propre diffusion. Mais cette dévalorisation pratique n’a pas encore entraîné sa dévalorisation idéologique : le mythe de l’agrément et de l’avantage de la bagnole persiste alors que les transports collectifs, s’ils étaient généralisés, démontreraient une supériorité éclatante. La persistance de ce mythe s’explique aisément : la généralisation de l’automobilisme individuel a évincé les transports collectifs, modifié l’urbanisme et l’habitat et transféré sur la bagnole des fonctions que sa propre diffusion a rendues nécessaires. Il faudra une révolution idéologique (« culturelle ») pour briser ce cercle. Il ne faut évidemment pas l’attendre de la classe dominante (de droit ou de gauche).

Voyons maintenant ces deux points de plus près. Quand la voiture a été inventée, elle devait procurer à quelques bourgeois très riches un privilège tout à fait inédit : celui de rouler beaucoup plus vite que tous les autres. Personne, jusque-là, n’y avait encore songé : la vitesse des diligences était sensiblement la même, que vous fussiez riches ou pauvres ; la calèche du seigneur n’allait pas plus vite que la charrette du paysan, et les trains emmenaient tout le monde à la même vitesse (ils n’adoptèrent des vitesses différenciées que sous la concurrence de l’automobile et de l’avion). Il n’y avait donc pas, jusqu’au tournant du dernier siècle, une vitesse de déplacement pour l’élite, une autre pour le peuple. L’auto allait changer cela : elle étendait, pour la première fois, la différence de classe à la vitesse et au moyen de transport.

Ce moyen de transport parut d’abord inaccessible à la masse tant il était différent des moyens ordinaires : il n’y avait aucune mesure entre l’automobile et tout la reste : la charrette, le chemin de fer, la bicyclette ou l’omnibus à cheval. Des êtres d’exception se promenaient à bord d’un véhicule autotracté, pesant une bonne tonne, et dont les organes mécaniques, d’une complication extrême, étaient d’autant plus mystérieux que dérobés aux regards. Car il y avait aussi cet aspect-là, qui pesa lourd dans le mythe automobile : pour la première fois, des hommes chevauchaient des véhicules individuels dont les mécanismes de fonctionnement leur étaient totalement inconnus, dont l’entretien et même l’alimentation devaient être confiés par eux à des spécialistes.

Paradoxe de la voiture automobile : en apparence, elle conférait à ses propriétaires une indépendance illimitée, leur permettant de se déplacer aux heures et sur les itinéraires de leur choix à une vitesse égale ou supérieure à celle du chemin de fer. Mais, en réalité, cette autonomie apparente avait pour envers une dépendance radicale : à la différence du cavalier, du charretier ou du cycliste, l’automobiliste allait dépendre pour son alimentation en énergie, comme d’ailleurs pour la réparation de la moindre avarie, des marchands et spécialistes de la carburation, de la lubrification, de l’allumage et de l’échange de pièces standard. A la différence de tous les propriétaires passés de moyens de locomotion l’automobiliste allait avoir un rapport d’usager et de consommateur - et non pas de possesseur et de maître - au véhicule dont, formellement, il était le propriétaire. Ce véhicule, autrement dit, allait l’obliger à consommer et à utiliser une foule de services marchands et de produits industriels que seuls des tiers pourraient lui fournir. L’autonomie apparente du propriétaire d’une automobile recouvrait sa radicale dépendance.

Les magnats du pétrole perçurent les premiers le parti que l’on pourrait tirer d’une large diffusion de l’automobile : si le peuple pouvait être amené à rouler en voiture à moteur, on pourrait lui vendre l’énergie nécessaire à sa propulsion. Pour la première fois dans l’histoire, les hommes deviendraient tributaires pour leur locomotion d’une source d’énergie marchande. Il y aurait autant de clients de l’industrie pétrolière que d’automobilistes - et comme il y aurait autant d’automobilistes que de familles, le peuple tout entier allait devenir client des pétroliers. La situation dont rêve tout capitaliste allait se réaliser : tous les hommes allaient dépendre pour leurs besoins quotidiens d’une marchandise dont une seule industrie détiendrait le monopole.

Il ne restait qu’à amener le peuple à rouler en voiture. Le plus souvent, on croit qu’il ne se fit pas prier : il suffisait, par la fabrication en série et le montage à la chaîne, d’abaisser suffisamment le prix d’une bagnole ; les gens allaient se précipiter pour l’acheter. Il se précipitèrent bel et bien, sans se rendre compte qu’on les menait par le bout du nez. Que leur promettait, en effet, l’industrie automobile ? Tout bonnement ceci : « Vous aussi, désormais, aurez le privilège de rouler, comme les seigneurs et bourgeois, plus vite que tout le monde. Dans la société de l’automobile, le privilège de l’élite est mis à votre portée. »

Les gens se ruèrent sur les bagnoles jusqu’au moment où, les ouvriers y accédant à leur tour, les automobilistes constatèrent, frustrés, qu’on les avait bien eus. On leur avait promis un privilège de bourgeois ; ils s’étaient endettés pour y avoir accès et voici qu’ils s’apercevaient que tout le monde y accédait en même temps. Mais qu’est-ce qu’un privilège si tout le monde y accède ? C’est un marché de dupes. Pis, c’est chacun contre tous. C’est la paralysie générale par empoignade générale. Car lorsque tout le monde prétend rouler à la vitesse privilégiée des bourgeois, le résultat, c’est que rien ne roule plus, que la vitesse de circulation urbaine tombe - à Boston comme à Paris, à Rome ou à Londres - au-dessous de celle de l’omnibus à cheval et que la moyenne, sur les routes de dégagement, en fin de semaine, tombe au-dessous de la vitesse d’un cycliste.

Rien n’y fait : tous les remèdes ont été essayés, ils aboutissent tous, en fin de compte, à aggraver le mal. Que l’on multiplie les voies radiales et les voies circulaires, les transversales aériennes, les routes à seize voies et à péages, le résultat est toujours le même : plus il y a de voies de desserte, plus il y a de voitures qui y affluent et plus est paralysante la congestion de la circulation urbaine. Tant qu’il y aura des villes, le problème restera sans solution : si large et rapide que soit une voie de dégagement, la vitesse à laquelle les véhicules la quittent, pour pénétrer dans la ville, ne peut être plus grande que la vitesse moyenne, dans Paris, sera de 10 à 20 km/h, selon les heures, on ne pourra quitter à plus de 10 ou 20 km/h les périphériques et autoroutes desservant la capitale. On les quittera même à des vitesses beaucoup plus faibles dès que les accès seront saturés et ce ralentissement se répercutera à des dizaines de kilomètres en amont s’il y a saturation de la route d’accès.

Il en va de même pour toute ville. Il est impossible de circuler à plus de 20 km/h de moyenne dans le lacis de rues, avenues et boulevards entrecroisés qui, à ce jour, étaient le propre des villes. Toute injection de véhicules plus rapides perturbe la circulation urbaine en provoquant des goulots, et finalement le paralyse.

Si la voiture doit prévaloir, il reste une seule solution : supprimer les villes, c’est-à-dire les étaler sur des centaines de kilomètres, le long de voies monumentales, de banlieues autoroutières. C’est ce qu’on a fait aux Etats-Unis. Ivan Illich (Energie et Equité. Ed. Le Seuil ) en résume le résultat en ces chiffres saisissants : « L’Américain type consacre plus de mille cinq cents heures par an (soit trente heures par semaine, ou encore quatre heures par jour, dimanche compris) à sa voiture : cela comprend les heures qu’il passe derrière le volant, en marche ou à l’arrêt ; les heures de travail nécessaires pour la payer et pour payer l’essence, les pneus, les péages, l’assurance, les contraventions et impôts... A cet Américain, il faut donc mille cinq cents heures pour faire (dans l’année) 10 000 km. Six km lui prennent une heure. Dans les pays privés d’industrie des transports, les gens se déplacent à exactement cette même vitesse en allant à pied, avec l’avantage supplémentaire qu’ils peuvent aller n’importe où et pas seulement le long des routes asphaltées. »

Il est vrai, précise Illich, que dans les pays non industrialisés les déplacements n’absorbent que 2 à 8 % du temps social (ce qui correspond vraisemblablement à deux à six heures par semaine). Conclusion suggérée par Illich : l’homme à pied couvre autant de kilomètres en une heure consacrée au transport que l’homme à moteur, mais il consacre à ses déplacements cinq à dix fois moins de temps que ce dernier. Moralité : plus une société diffuse ces véhicules rapides, plus - passé un certain seuil - les gens y passent et y perdent de temps à se déplacer. C’est mathématique.

La raison ? Mais nous venons à l’instant de la voir : on a éclaté les agglomérations en interminables banlieues autoroutières, car c’était le seul moyen d’éviter la congestion véhiculaire des centres d’habitation. Mais cette solution a un revers évident : les gens, finalement, ne peuvent circuler à l’aise que parce qu’ils sont loin de tout. Pour faire place à la bagnole, on a multiplié les distances : on habite loin du lieu de travail, loin de l’école, loin du supermarché - ce qui va exiger une deuxième voiture pour que la « femme au foyer » puisse faire les courses et conduire les enfants à l’école. Des sorties ? Il n’en est pas question. Des amis ? Il y a des voisins... et encore. La voiture, en fin de compte, fait perdre plus de temps qu’elle n’en économise et crée plus de distances qu’elle n’en surmonte. Bien sûr, vous pouvez vous rendre à votre travail en faisant du 100 km/h ; mais c’est parce que vous habitez à 50 km de votre job et acceptez de perdre une demi-heure pour couvrir les dix derniers kilomètres. Bilan : « Les gens travaillent une bonne partie de la journée pour payer les déplacements nécessaires pour se rendre au travail » (Ivan Illich).

Vous direz peut-être : « Au moins, de cette façon, on échappe à l’enfer de la ville une fois finie la journée de travail. » Nous y sommes : voilà bien l’aveu. « La ville » est ressentie comme « l’enfer », on ne pense qu’à s’en évader ou à aller vivre en province, alors que, pour des générations, la grande ville, objet d’émerveillements, était le seul endroit où il valût la peine de vivre. Pourquoi ce revirement ? Pour une seule raison : la bagnole a rendu la grande ville inhabitable. Elle l’a rendu puante, bruyante, asphyxiante, poussiéreuse, engorgée au point que les gens n’ont plus envie de sortir le soir. Alors, puisque les bagnoles ont tué la ville, il faut davantage de bagnoles encore plus rapides pour fuir sur des autoroutes vers des banlieues encore plus lointaines. Impeccable circularité : donnez-nous plus de bagnoles pour fuir les ravages que causent les bagnoles.

D’objet de luxe et de source de privilège, la bagnole est ainsi devenue l’objet d’un besoin vital : il en faut une pour s’évader de l’enfer citadin de la bagnole. Pour l’industrie capitaliste, la partie est donc gagnée : le superflu est devenu nécessaire. Inutile désormais de persuader les gens qui désirent une bagnole : sa nécessité est inscrite dans les choses. Il est vrai que d’autres doutes peuvent surgir lorsqu’on voit l’évasion motorisée le long des axes de fuite : entre 8 heures et 9 h 30 le matin, entre 5 h 30 et 7 heures le soir et, les fins de semaine, cinq à six heures durant, les moyens d’évasion s’étirent en processions, pare-chocs contre pare-chocs, à la vitesse (au mieux) d’un cycliste et dans un grand nuage d’essence au plomb. Que reste-t-il quand, comme c’était inévitable, la vitesse plafond sur les routes est limitée à celle, précisément, que peut atteindre la voiture de tourisme la plus lente.

Juste retour des choses : après avoir tué la ville, la bagnole tue la bagnole. Après avoir promis à tout le monde qu’on irait plus vite, l’industrie automobile aboutit au résultat rigoureusement prévisible que tout le monde va plus lentement que le plus lent de tous, à une vitesse déterminée par les lois simples de la dynamique des fluides. Pis : inventée pour permettre à son propriétaire d’aller où il veut, à l’heure et à la vitesse de son choix, la bagnole devient, de tous les véhicules, le plus serf, aléatoire, imprévisible et incommode : vous avez beau choisir une heure extravagante pour votre départ, vous ne savez jamais quand les bouchons vous permettront d’arriver. Vous êtes rivé à la route (à l’autoroute) aussi inexorablement que le train à ses rails. Vous ne pouvez, pas plus que le voyageur ferroviaire, vous arrêter à l’improviste et vous devez, tout comme dans un train, avancer à une vitesse déterminée par d’autres. En somme, la bagnole a tous les désavantages du train - plus quelques-un qui lui sont spécifiques : vibrations, courbatures, dangers de collision, nécessité de conduire le véhicule - sans aucun de ses avantages.

Et pourtant, direz-vous, les gens ne prennent pas le train. Parbleu : comment le prendraient-ils Avez-vous déjà essayer d’aller de Boston à New York en train ? Ou d’Ivry au Tréport ? Ou de Garches à Fontainebleu ? Ou de Colombes à l’Isle Adam ? Avez-vous essayé, en été, le samedi ou le dimanche ? Eh bien ! essayez donc, courage ! Vous constaterez que le capitalisme automobile a tout prévu : au moment où la bagnole allait tuer la bagnole, il a fait disparaître les solutions de rechange : façon de rendre la bagnole obligatoire. Ainsi, l’Etat capitaliste a d’abord laissé se dégrader, puis a supprimé, les liaisons ferroviaires entre les villes, leurs banlieues et leur couronne de verdure. Seules ont trouvé grâce à ses yeux les liaisons interurbaines à grande vitesse qui disputent aux transports aériens leur clientèle bourgeoise. L’aérotrain, qui aurait pu mettre les côtes normandes ou les lacs du Morvan à la portée des picniqueurs parisiens du dimanche, servira à faire gagner quinze minutes entre Paris et Pontoise et à déverser à ses terminus plus de voyageurs saturés de vitesse que les transports urbains n’en pourront recevoir. Ça, c’est du progrès !

La vérité, c’est que personne n’a vraiment le choix : on n’est pas libre d’avoir une bagnole ou non parce que l’univers suburbain est agencé en fonction d’elle - et même, de plus en plus, l’univers urbain. C’est pourquoi la solution révolutionnaire idéale, qui consiste à supprimer la bagnole au profit de la bicyclette, du tramway, du bus et du taxi sans chauffeur, n’est même plus applicable dans les cités autoroutières comme Los Angeles, Detroit, Houston, Trappes ou même Bruxelles, modelées pour et par l’automobile. Villes éclatées, s’étirant le long de rues vides où s’alignent des pavillons tous semblables et où le paysage (le désert) urbain signifie : « Ces rues sont faites pour rouler aussi vite que possible du lieu de travail au domicile et vice versa. On y passe,, on n’y demeure pas. Chacun, son travail terminé, n’a qu’à rester chez soi et toute personne trouvée dans la rue la nuit tombée doit être tenue pour suspecte de préparer un mauvais coup. » Dans un certain nombre de villes américaines, le fait de flâner à pied la nuit dans les rues est d’ailleurs considéré comme un délit.

Alors, la partie est-elle perdue ? Non pas ; mais l’alternative à la bagnole ne peut être que globale. Car pour que les gens puissent renoncer à leur bagnole, il ne suffit point de leur offrir des moyens de transports collectifs plus commodes : il faut qu’ils puissent ne pas se faire transporter du tout parce qu’ils se sentiront chez eux dans leur quartier, leur commune, leur ville à l’échelle humaine, et qu’ils prendront plaisir à aller à pied de leur travail à leur domicile - à pied ou, à la rigueur, à bicyclette. Aucun moyen de transport rapide et d’évasion ne compensera jamais le malheur d’habiter une ville inhabitable, de n’y être chez soi nulle part, d’y passer seulement pour travailler ou, au contraire, pour s’isoler et dormir. « Les usagers, écrit Illich, briseront les chaînes du transport surpuissant lorsqu’ils se remettront à aimer comme un territoire leur îlot de circulation, et à redouter de s’en éloigner trop souvent. » Mais, précisément, pour pouvoir aimer « son territoire », il faudra d’abord qu’il soit rendu habitable et non pas circulable : que le quartier ou la commune redevienne le microcosme modelé par et pour toutes les activités humaines, où les gens travaillent, habitent, se détendent, s’instruisent, communiquent, s’ébrouent et gèrent en commun le milieu de leur vie commune. Comme on lui demandait une fois ce que les gens allaient faire de leur temps, après la révolution, quand le gaspillage capitaliste sera aboli, Marcuse répondit : « Nous allons détruire les grandes villes et en construire de nouvelles. Ça nous occupera un moment. »

On peut imaginer que ces villes nouvelles seront des fédérations de communes (ou quartiers), entourées de ceintures vertes où les citadins - et notamment les « écoliers » - passeront plusieurs heures par semaine à faire pousser les produits frais nécessaires à leur subsistance. Pour leur déplacements quotidiens, ils disposeront d’une gamme complète de moyens de transport adaptés à une ville moyenne : bicyclettes municipales, trams ou trolleybus, taxis électriques sans chauffeur. Pour les déplacements plus importants dans les campagnes, ainsi que pour le transport des hôtes, un pool d’automobiles communales sera à la disposition de tous dans les garages de quartier. La bagnole aura cessé d’être besoin. C’est que tout aura changé : le monde, la vie, les gens. Et ça ne se sera pas passé tout seul.

Entre-temps, que faire pour en arriver là ? Avant tout, ne jamais poser le problème du transport isolément, toujours le lier au problème de la ville, de la division sociale du travail et de la compartimentation que celle-ci a introduite entre les diverses dimensions de l’existence : un endroit pour travailler, un autre endroit pour « habiter », un troisième pour s’approvisionner, un quatrième pour s’instruire, un cinquième pour se divertir. L’agencement de l’espace continue la désintégration de l’homme commencée par la division du travail à l’usine. Il coupe l’individu en rondelles, il coupe son temps, sa vie, en tranches bien séparées afin qu’en chacune vous soyez un consommateur passif livré sans défense aux marchands, afin que jamais il ne vous vienne à l’idée que travail, culture, communication, plaisir, satisfaction des besoins et vie personnelle peuvent et doivent être une seule et même chose : l’unité d’une vie, soutenue par le tissu sociale de la commune.

André Gorz, L’idéologie sociale de la bagnole, Le Sauvage, septembre-octobre 1973.


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Sécurité sociale/Insécurité capitaliste

12 Octobre 2009 , Rédigé par Miette Publié dans #multitudes versus ideologie


Tout le monde  le sait, la Sécurité sociale c'est moderne, solidaire, généreux, progressiste. Les assurances privées c'est la jungle et les actionnaires qui ne se soucient pas de l'objet de leur placement, exigent une rémunération à deux chiffres. Les mutuelles quant à elles feraient bien de cesser de courir derrière les parts de marché et de placer le fric des mutualistes n'importe où.

La Sécu, c'est un beau pactole devant lequel salivent les grands groupes d'assurance privée. La Sécu, c'est encore trop de participation pour les patrons qui n'ont jamais admis de payer un salaire différé sous forme de cotisations sociales. Les patrons attendent tout de la société dans laquelle ils prospèrent et ne lui rendent rien sans y être contraints.

La Sécurité sociale c'est une solution civilisée pour accompagner les petites misères et les gros coups durs de la vie. La privatisation de la santé et du risque,  c'est le chacun pour soi et la barbarie.

Tout le monde le sait, mais peu luttent....

Pour nous rafraîchir la mémoire,  un document réalisé pour le Front Syndical de Classe :

"LA PROTECTION SOCIALE - HISTOIRE ET CONCEPTS"
 par Danielle Gauthier et Jean Gagnaire, militants CGT

cliquez ici
                                                


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Echos d'une votation

4 Octobre 2009 , Rédigé par modérateur Publié dans #photos pour les RG

Pour ou contre la privatisation ?

Sur la seule matinée d'hier, le bureau de vote installé dans le hall du conseil général du Nord, rue Delory à Lille, a accueilli 250 personnes. Sur la seule matinée d'hier, le bureau de vote installé dans le hall du conseil général du Nord, rue Delory à Lille, a accueilli 250 personnes.

Une « votation citoyenne »... C'est le nom de la consultation mise en place au niveau national pour inciter la population à se prononcer sur le projet de privatisation de La Poste.


Depuis le 28 septembre et jusqu'à ce samedi 3 octobre, chacun peut ainsi se prononcer, via un bulletin de vote, pour ou contre le changement de statut de La Poste. Mais encore faut-il dénicher un « bureau de vote »...

À l'initiative des syndicats SUD et CGT du conseil général du Nord, des lieux de vote ont été installés sur différents sites du Département. Après Maubeuge, Valenciennes et Hazebrouck, c'est au tour de Lille d'accueillir depuis hier la consultation. Et pas n'importe où puisque le vote se déroule dans le hall de l'hôtel du Département, 51, rue Gustave-Delory, encore ce vendredi de 9 h à 17 h30. « Avec les privatisations existantes, on a vu les inégalités que cela a générées sur les territoires », ont indiqué les représentants de SUD et de la CGT, forcément hostiles à la « démarche libérale » du gouvernement.w
C.J.


Détails des votes pour les 5 bureaux que la Cgt et SUD ont tenus cette semaine :

Maubeuge votants 23
  Non 23
  Oui 0
Valenciennes votants 163
  Non 159
  Oui 4
Hazebrouck votants 47
  Non 46
  Oui 1
Lille votants 497
  Non 492
  Oui 5
Total Votant 730
  Non 720
  Oui 10



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