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Blog révolu CGT-révolue du Département du Nord

Réforme des collectivités territoriales et services publics - par Anicet Le Pors

29 Décembre 2009 , Rédigé par Le Peinard Publié dans #RED BUZZ

Réforme des collectivités territoriales et services publics - Pour des Etats généraux du Service Public - Mutualité, 17 décembre 2009

 

article reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur - publié initialement ici


"Le philosophe Marcel Gauchet a écrit : « Le programme initial de Sarkozy c’est la banalisation de la France ». Je partage ce point de vue. Pour Sarkozy, la France est une somme d’anomalies.


Anomalie, le modèle français d’intégration fondé sur le droit du sol et le principe d’égalité des citoyens ;

Anomalie, une laïcité qui se définit par la raison et non par la religion ;

Anomalie, un service public qui réunit un quart de la population active du pays dans une situation statutaire et non contractuelle ;

Anomalie un pays qui n’en finit pas de réfléchir à son modèle politique : quinze constitutions en deux siècles ;

Anomalie, l’existence de 500 000 élus territoriaux et de 36 000 communes.


C’est pourquoi il a entrepris de mettre ce pays aux normes du libéralisme et de l’assujettir en tous domaines aux règles du marché. Les moyens utilisés ne correspondent à aucun dessein national, au sens où l’on a pu parler autrefois d’ « ardente obligation » de la planification « à la française », mais par le mayen d’un « pragmatisme destructeur » de tout ce qui confère à la France une « identité nationale » démocratique et progressiste.


La réforme des collectivités territoriales en est un exemple frappant.

Il invoque le « mille feuilles » administratif. Mais cette présentation est inexacte et trompeuse. Il existe en réalité six niveaux déterminants : les communes, les regroupements de communes, les départements, les régions, la nation et l’Europe.

Le triptyque : communes-départements-nation est historique, il structure politiquement le pays.

Le triptyque : regroupement de communes-régions-Europe est à dominante économique.


Le choix est clair : le politique doit prévaloir sur l’économique, qui, aussi utile qu’il soit, ne doit être que supplétif du politique.


C’est le choix inverse qu’a fait Nicolas Sarkozy :

- avec la création des conseillers territoriaux réduisant de moitié les effectifs actuels de conseillers généraux et régionaux, élus sur la base d’un mode de scrutin inique à la constitutionnalité plus que douteuse,  réduction qui affaiblira le lien avec les citoyens et privilégiera le niveau le plus globalisant : la région – malgré des compétences également réduites – au détriment du département.

- choix négatif encore avec, la création des métropoles, justifiées par des raisons extraterritoriales : la compétition capitaliste européenne et mondiale ; création entraînant une profonde déstabilisation des communes, des départements et des régions.

- choix préjudiciable enfin avec, la suppression de la taxe professionnelle qui conduira à l’asphyxie des collectivités territoriales et qui met en cause gravement le principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales.


Cet affaiblissement des compétences et de la démocratie locales ne profite pas pour autant aux administrations déconcentrées, affaiblies elles aussi par l’effet combiné d’une part de la LOLF et sa « fongibilité asymétrique », d’autre par de la RGPP entraînant une réduction des effectifs et des moyens de fonctionnement et d’investissement.


On peut identifier trois conséquences de la combinaison de ce double affaiblissement :

Premièrement, une dégradation des conditions matérielles et morales des fonctionnaires des trois fonctions publiques, de l’État, territoriale et hospitalière, avec : des réductions d’emplois, conséquences des contractions administratives ; le recours accru à la contractualisation, justifié par la mise en place des nouvelles structures, notamment des métropoles ; le développement du clientélisme, par le moyen de rémunérations et d’indemnités destinées à s’attacher les services d’exécutants serviles.

Deuxièmement, la réduction des services publics, relevant aussi bien des collectivités territoriales que de l’État, dont les directions seront réduites à huit au niveau régional et à trois au niveau départemental (voire deux pour les départements les moins peuplés). C’est, en même temps, le champ largement ouvert au secteur privé pour occuper les espaces abandonnés par la responsabilité publique.

Troisièmement, la mainmise renforcée du pouvoir présidentiel par le moyen des nouvelles compétences conférées au préfet de région, relais majeur du pouvoir central, écran imposé entre les services publics territoriaux et les ministères de tutelle, dénaturant le statut actuel des régions dans le but et l’espoir de les soustraire à l’opposition. Ces préfets de région, véritables proconsuls, maîtres d’œuvre de la réforme des collectivités territoriales puisque chargés de mener à son terme le schéma national de l’intercommunalité en 2014, de définir le périmètre des métropoles, de présider aux regroupements concernant les départements et les régions. Ils accentueront, au niveau des collectivités territoriales, la présidentialisation du régime, sa « dérive bonapartiste ».


Mais il n’y a en la matière aucune fatalité.


Le président de la République a été mis en échec sur la « Révolution culturelle » qu’il voulait provoquer dans la fonction publique. La crise a spectaculairement  démontré le rôle d’ « amortisseur social » du service public en France.. Les attaques se poursuivront sans nul doute, mais elles ne peuvent plus prendre la forme provocatrice de la contre-révolution qu’il avait envisagée.

Le président de la République voulait supprimer les classements de sortie des écoles de la fonction publique, classements relevant du principe du concours posé par l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et repris par le statut général des fonctionnaires. Le projet vient d’être reporté sine die par le ministre Éric Woerth.

Le président de la République s’était fixé l’objectif absurde et réactionnaire de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes, vient de lui répondre aujourd’hui même en considérant que cette réforme était seulement – je le cite – « dictée par des considérations budgétaires de court terme ».

Il peut et il doit donc en être de même pour la réforme des collectivités territoriales qui provoque de toute part tant d’opposition. Le grand chambardement des services publics territoriaux peut et doit être mis en échec."


Anicet Le Pors

 M. Anicet le Pors était Ministre chargé de la Fonction Publique et des Réformes administratives du 23 juin 1981 au 23 juillet 1984.

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La vie "Pimkie", la vraie ! Pimkie Christmas Stars

27 Décembre 2009 , Rédigé par Miette Publié dans #Luttes

_091225-pimkie-LEFEBVRE.jpg"Les « Pimkie » avaient prévenu, déterminés, jeudi 24 : « Si on n'obtient pas ce qu'on demande demain (hier), on passera Noël sur le piquet de grève.» ... Eh bien, c'est ce qu'une cinquantaine de ces salariés ont fait. Ces mères de famille pour la plupart ont partagé le soir du réveillon de noël un couscous devant leur entreprise de Wasquehal, bloquée. Une protestation tout en symbole.
En grève depuis samedi (à l'entrepôt de Neuville-en-Ferrain) et lundi (à Wasquehal), ces salariées demandent l'obtention de meilleures indemnités de départ dans le cadre du plan social de suppression de 175 postes chez Pimkie-Dimarode. Une réunion de conciliation a eu lieu le 23 décembre 2009 entre syndicats, direction et direction départementale du travail. La direction a proposé 15 000 € de prime extra-légale et 700 € par année d'ancienneté. Mieux que sa première proposition, certes, mais les salariés réclamaient au minimum ce qu'ont eu leurs collègues de Xanaka, une entreprise tout à côté et du même groupe (Mulliez) : 20 000 € et 2 400 € par année d'ancienneté."

article publié sur cgt-egp-Dreux : "les "Pimkie" ont réveillonné et partagent un couscous du réveillon sur le piquet de grève"

Un appel à solidarité financière a été lancé par la CGT de Tourcoing afin de permettre aux grévistes de tenir le coup

ENVOYEZ VOS CHEQUES A L'UNION LOCALE CGT DE TOURCOING, 43 rue de Lille 59200 TOURCOING, en mentionnant au dos "Solidarité avec les grévistes de Pimkie"
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soutien aux salariés PIMKIE en gréve

22 Décembre 2009 , Rédigé par hérisson Publié dans #Luttes

Important

 

Les salariés de Pimkie sont en grève depuis 4 jours

 

Vous pouvez les soutenir sur site jours et nuits :

 

Neuville En Ferrain

5 Rue Du Duremont

Zone Industrielle De Neuville En Ferrain

 

Wasquehal

Rue De Ladrie

Zone Industrielle De Wasquehal

 

Les frais financiers et les pertes de salaires commence  à se faire sentir!

Une Salarie est déjà retournée au travail pour cette raison

 

 

Merci D'envoyer Votre Soutien Financier

A L'ul Cgt De Tourcoing,

43 Rue De Lille, 59200 Tourcoing

 

Ils ont besoin de tous pour faire plier  MULLIEZ !

ci dessous le communiqué de l'UL Cgt de Tourcoing posté hier soir lundi 21

ce lundi soir la direction a reçu les DSC de Pimkie, et n'a rien proposé aux grévistes, qui restent déterminés et tiennent leurs piquets de grève avec courage et bonne humeur.

ils n'ont pas l'intention de lâcher

le conflit prend une autre tournure, qui pourrait devenir très médiatique

cela dépend de nous tous, et leur victoire aussi

notre Union Locale, par le présent courriel incite ses syndiqués et toutes les sympathies alentour, à se rendre sur les piquets de grève en nombre demain (ZI de neuville ou ZI de wasquehal)

le matin, il y aura discussion sur les actions à venir, et la CGT a des idées mais il est trop tôt pour avoir des certitudes

quoi qu'il en soit les grévistes auront besoin de soutien syndical, politique et citoyen

Union Locale CGT de Tourcoing
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Syndicat de territoire = syndicat de permanents

4 Décembre 2009 , Rédigé par Le Peinard Publié dans #cgt59

En avril dernier, le syndicat Cgt du CG 59 a envoyé une déclaration au Secrétaire Général et aux membres du CCN. Nous y dénoncions l'abandon des luttes, l'étouffement de la colère du mouvement social et la dérive droitière de notre Confédération.

Les faits n'ont pas cessé de nous donner raison. Les 400 000 suppressions d'emplois pratiquées par les entreprises nationales ou non dans notre pays, prouvent que le patronat sait retourner ses dysfonctionnements à son avantage. Les actionnaires de Molex, Conti, Goodyear, Philips, Electrolux, Nexan ne connaîtront pas l'angoisse du lendemain.

A défaut d'avoir rédigé une motion sur le document préparatoire du 49ème congrès, texte que nous avons lu sans problème de décodage et déchiré aussitôt avant de retourner sur le terrain, le bureau de notre syndicat réuni le 3 décembre a décidé de publier notre déclaration d'avril qui rend bien compte de notre façon d'analyser cette triste année 2009.

 

déclaration en pdf ici

 

 

"Syndicat CGT Avril 2009

des Personnels du Département du Nord

 

Au Secrétaire Général

Aux Membres du Comité Confédéral National


Cher(e)s Camarades,


Nous vous adressons sous forme de déclaration, la position de notre syndicat sur l'organisation des luttes par notre Confédération depuis le début de la crise financière puis économique de novembre 2008. En désaccord avec les positions prises «à la tête», les membres de notre Commission Exécutive réunie le 24 mars dernier ont tenu à rendre public leur désaveu et à faire connaître leurs positions.


DECLARATION


Au lendemain de la victoire contre le CPE, nous pensions que la poursuite du mouvement en faveur de la suppression du CNE aurait été victorieuse. A l'automne 2007, nous étions convaincus que la convergence des luttes autour de la défense des régimes spéciaux de retraite – et par voie de conséquence des régimes de retraite en général - aurait pu aboutir à un nouveau décembre 95. Les volontés et les forces en présence étaient suffisantes. Un appel téléphonique d'un seul homme, notre Secrétaire Général, au Président de la République le plus haï par les militants, a mis prématurément terme à un mouvement prometteur.

L'histoire balbutie et se répète et depuis décembre 2008, nous en sommes au vaudeville de bas étage, avec portes qui claquent, déclarations de matamores et grévistes cocufiés.

Pourtant, depuis novembre 2008, nous assistons à une des crises cycliques mais majeures du capitalisme sous sa (ré)forme libérale : le système financier virtuel mondial implose, les gouvernements distribuent de la monnaie de singe aux banques et aux assureurs - les gens du commun paieront quand même l'addition, les législations du travail et les protections sont largement détruites, l'exploitation et l'insécurité sociale progressent. Profitant de la crise, les patrons et les actionnaires restructurent leurs entreprises et licencient pour augmenter leurs profits. La réalité du système capitaliste est mise à nu dans toute sa crudité, dans toute sa cruauté malgré le divertissement généralisé organisé par les grands monopoles de décervelage : le capitalisme, c'est bel et bien l'exploitation ouverte et directe. Et ce système n'est pas réformable.

Tout cela vous le savez, vous êtes nos représentants, nos têtes pensantes, nous vous avons mandaté(e)s pour organiser la lutte contre ce système d'exploitation et de prédation...et nous sommes déçus

Militants de terrain, salariés en activité, nous avons pris la mesure du rapport de forces existant, du souhait d'émancipation exprimé au quotidien par les gens de la base c'est à dire par ceux qui se heurtent frontalement à la réalité du système. Ces espoirs, ces projets de société, ces colères, ces peurs, ces solidarités, vos choix stratégiques les étouffent et les découragent à un point tel que nous nous demandons publiquement si vos objectifs sont avouables. Votre stratégie d'un jour de grève tous les deux mois au nom d'un syndicalisme pragmatique et responsable c'est l'union au sommet sans les revendications de la base, ce sont les partenaires sociaux sans les militants, c'est la mobilisation des troupes sans la colère et la révolte.


Nous pensons que les choix et les déclarations des représentants des organisations syndicales, les vôtres y compris, font écran aux réalités des luttes de terrain et aux aspirations de leurs bases. Relayés par les officines de propagande capitaliste, ces prises de positions «responsables» rassurent les dominants peu effrayés par la perspective d'un 1er mai unitaire dont la plateforme revendicative édulcorée constitue un nouvel «évangile social». Le catéchisme syndical en lieu et place de paravent social.


Que vous reprochons-nous clairement ? De cogérer la crise ? Oui ! De frilosité politique ? Oui ! De tenter de concilier les antagonismes de classe ? De vouloir réformer ce système sans changer les rapports de production ? Oui et oui ! De refuser d'admettre que «tout mouvement d'émancipation s'appuie contre l'ordre social et politique existant» ? Oui ! De refuser que «toute lutte de classes soit politique» Oui ! De considérer que les «éléments d'une société nouvelle sont en train de se former» et de les entraver » ? Oui.


Dans le numéro du mois d'avril du bulletin confédéral «ensemble» on peut lire Jean-Christophe Le Duigou qui déclare : «qu'une entreprise fasse des bénéfices n'est nullement condamnable. Reste la manière de les générer (engendrer) et l'usage qui en est fait». Nous voici à moraliser le capitalisme comme Sarkozy feint de vouloir le faire. La morale n'est plus en vigueur dans le système capitaliste, où l'argent est le référent universel – devant lui rien ne vaut plus que le prix auquel on achète ou on vend. Alors envisager une éthique du capitalisme par la profession de foi syndicale !


Le 1er mai, comme tous les ans, nous serons dans la rue avec nos camarades des autres syndicats car l'union c'est quotidiennement que nous la construisons. Nous manifesterons mais pas pour vous, pas pour le «renforcement durable» de la CGT comme l'écrit Bernard Thibaut dans son édito du journal déjà cité. Non camarade Secrétaire Général, la crise n'est pas «une opportunité pour travailler au renforcement de l'organisation». La crise n'est pas non plus une opportunité pour manipuler la colère et composer des unions artificielles jusqu'aux élections européennes. Nous, «nous avons un monde à gagner», nous y allons - sans vous s'il le faut.

 

"Céder un peu sur le concept d'émancipation, c'est capituler beaucoup devant les puissances de l'argent et des armes» - Jacques Derrida

 

Adopté à l'unanimité des présents lors de la CE du 16 avril 2009



 

Copie :

Membres du CCN

Union Départementale du Nord

Unions Locales du Nord

Fédération des Services Publics

Sgpen CGT Nord-Pas de Calais

SNPTRI -



 

 

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FSL : 49ème congrès Cgt - Quel bilan pour les travailleurs ? Quel bilan pour le Medef

4 Décembre 2009 , Rédigé par modérateur Publié dans #multitudes versus ideologie

Article publié sur le site du Front syndical de Classe

"Rarement dans l'histoire de la « grande dame », une direction confédérale se sera présentée à « son » congrès avec un bilan aussi catastrophique :
- échec sur le mot d'ordre principa des derniers congrès de porter le nombre d'adhérents à un million, avec au contraire une baisse de 8.5 % du nombre de syndiqués depuis le 48ème congrès (650 000). Une des principales UD de France, celle du Val de Marne, a par exemple perdu 35% de ses adhérent sur les deux dernières années ;
- non seulement aucun acquis pour les travailleurs mais au contraire le recul généralisé face à un gouvernement et à un patronat de combat dont le mot d'ordre ouvertement revendiqué est de casser "l'exception française" c'est à dire, tous les acquis nés de 1936,1938 et du programme du CNR.

 

A l'automne 2007, face à la crise « financière » qui n'est autre qu'une crise du système capitaliste, la Confédération Européenne des Syndicats (qui se réjouit aujourd'hui de l'adoption de la constitution européenne et dont Joël Decaillon, dirigeant CGT, vient d'être nommé sécrétaire général adjoint) lançait le mot d'ordre : « apprenons à défiler pour aider le capitalisme à se sauver de lui même ». 18 mois plus tard, gavés d'aides publiques, les banquiers se portent à merveille de même que les profits du CAC 40. Par contre, le monde du travail, du manœuvre à l'ingénieur, de l'instituteur au chercheur, du lycéen a l'étudiant du supérieur, vit un véritable massacre de ses conditions de vie, le pays perd son appareil productif, 8 millions d'habitants vivent en-dessous du seuil de pauvreté (un million de plus qu'il y a deux ans), plus de 100000 enfants n'ont plus de foyer, le chômage augmente, le pouvoir d'achat recule, la sécu est pillée au plus grand bonheur des grands groupes capitalistes...

 

Entre-temps, les luttes ont été innombrables et déterminées, dans de nombreux secteurs du Public comme du Privé avec des convergences très puissantes en janvier et en mars 2009, où les cortèges d'une ampleur historique laissaient présager un mouvement d'ensemble.

 

C'est cette perspective que les directions syndicales ont eu pour mission de saborder, ainsi que Sarkozy le leur a rappelé en les invitant discrètement le 14 janvier à l'Elysée.

Message reçu 5 sur 5 par B. Thibault qui ne démentira pas sa formule de 2003 : « la CGT n’a pas vocation à bloquer le pays » ; Maurad RABHI, secrétaire confédéral, déclarant pour sa part très tranquillement : « Il n'y aura pas de grève générale. ». Durant l'été, Maryse Dumas, numéro 2 bis de la Conf', répète sur tous les medias que les grèves dures menées par les Goodyear, les Conti, ou les Fabris ne sont pas des exemples à suivre... Quant au numéro 2, JC Le Duigou, le chouchou des médias et l'homme de Bruxelles, il poursuit son travail de sape contre-réformiste avec le renfort d'économistes à la solde de l'ordre établi en pontifiant autour de la « maison commune des retraites » et autour de la Sécurité Sociale Professionnelle, cache-sexe de la précarité généralisée à laquelle le Capital veut enchaîner les travailleurs.

Dans le même temps, F. Chérèque, le caniche de l'Elysée et du Medef, prouve chaque jour qu'il ne plaisantait pas en expliquant en 2007 devant un parterre de patrons médusés qu'il leur est bien plus utile en tant que syndicaliste qu'en tant que ministre de Sarkozy : « Une grève générale de 24 heures ... contre quoi ? On ne va pas faire grève contre la crise. Qu'est-ce qui va unir tous les salariés ? » .

Quel aveu de la part de cet acteur majeur du syndicalisme rassemblé !

 

Les états-majors syndicaux, CGT en tête, ont donc emmené le puissant mouvement social dans l'impasse avec une série d'appel espacés assortis d'une « plate-forme » à mille lieues des revendications populaires, débouchant sur le pathétique 13 juin puis l'illusion du 7 octobre à l'appel de la très jaunissante Confédération Syndicale Internationale. Comme l'explique X. Darcos, actuel ministre du travail : « Thibault est quelqu'un de très responsable, très sûr, très intelligent ».

 

Mais les critiques et les dénonciations de cette dérive se multiplient depuis des mois chez les travailleurs et à l'intérieur de la CGT dans de nombreuses bases syndicales alors que le 49ème congrès confédéral approche à grand pas.

 

Même si la direction confédérale s'est assurée du verrouillage du congrès et a annoncé depuis 6 mois la réélection du secrétaire général, elle cherche à donner le change. Ainsi B. Thibault expliquait-il la semaine dernière devant une assemblée de militants de la région Centre : « si nous n'avions pas fait comme ça, ce serait pire pour les travailleurs ». Aveu d'incompétence ou satisfaction d'aider le capitalisme à reprendre pied ?

 

Nous sommes à quelques jours d'un congrès décisif pour la CGT. La direction confédérale essaye d'escamoter le débat de fond mais l'enjeu est central : l'engagement définitif dans la cogestion avec le capital ou l'élan depuis la base pour replacer la CGT sur ses fondamentaux, à savoir l'engagement au quotidien avec tous ceux qui luttent et sur le long terme pour l'abolition de l'exploitation.

 

Au lieu de préparer son congrès en favorisant l'esprit critique et en laissant largement la parole à la base notamment celle qui depuis des mois et des mois luttent (sans le soutien de ses dirigeants nationaux), tout a été fait pour que ce congrès soit aux ordres. 

 

Devant cet autisme, un collectif de militants et de bases syndicales CGT a donc pris une mesure de salut public : il a mandaté Jean-Pierre Delannoy, militant de la métallurgie et responsable de la région Nord-Pas de Calais, un secteur qui lutte, afin de contester à B. Thibault sa ligne perdante et sa place auto désignée et de contribuer à reconstruire une CGT de combat contre le capital.

 

Le FSC soutient cette initiative qui prolonge les efforts pour maintenir le syndicalisme de classe et de masse. La CGT, notre CGT, c’est celle des camarades et des militants du terrain. On ne veut pas la perdre et la laisser aux mains de ceux qui, dirigés par Bruxelles, ont la prétention de faire de la CGT un syndicat à l'anglo-saxonne, bureaucratique, qui fait de l'économie de marché un horizon indépassable et ne sert qu’à accompagner « syndicalement » la régression sociale sans limite à laquelle le capitalisme condamne le peuple.

 

Front Syndical de Classe, le 2 décembre 2009

 

 

Des résultats qui méritent réflexion  

 

Contrairement à une idée reçue, il reste à Renault Billancourt 3700 salariés (employés, techniciens, cadres). Les élections CE et DP se sont déroulées les 24, 25 et 26 novembre et le dernier mur de la citadelle vient de s'écrouler : la CGT obtient 8,4 % des voix et arrive en dernière position derrière la CGC, la CFDT et FO. Avec l'accord CGT-CFDT sur la représentativité, la CGT Renault Billancourt n'existe plus !

Il n'est pas un secret pour les initiés que la fédé des métaux, c'est la CGT Renault, que la CGT Renault est pilotée en grande partie par le siège à Billancourt et par Guyancourt (où la CGT perd 8 %) qui cherchent à imposer la stratégie de gagner l'autorité par l'intervention dans la gestion. A Billancourt, l'élection vient de plébisciter la CGC avec 52% : la preuve est faite une fois de plus c'est toujours l'original et non la copie qui rafle la mise.

A l'inverse, à Renault Cléon, le syndicat CGT de combat sur les revendications des travailleurs et la préservation de l'outil de travail, renforce ses positions et reprend le CE perdu il y a 4 ans.

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