Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Blog révolu CGT-révolue du Département du Nord

Conseil Général du Nord : Les Assfam de Tourcoing demandent la "dissolution des SAF"

31 Octobre 2012 , Rédigé par TriNiTy Publié dans #cgt59

"Un collectif pour Roubaix-Tourcoing s'est constitué, revendiquant 80 assistantes familiales. Elles sont 300 au total sur la direction territoriale et 2 800 pour le Département.

Elles s'estiment isolées et réclament, pour faire valoir leurs droits, la « création immédiate » d'une instance paritaire pour leur profession.

Elles réclament des salaires revalorisés, « la reconnaissance de leurs compétences par le biais d'une participation active dans le cadre du projet d'accueil éducatif des enfants confiés à l'ASE »."
Elles réclament aussi la suppression des Services d'accueil familial (SAF) créés il y a près d'un an et demi pour les accompagner et qui, dans les faits, mettent l'accent sur la précarité de leur statut  : intimidations, menaces de retrait d'agrément, sanctions. 

 

Article de la Voix du Nord du 21 octobre 2012

Article de Nord-Eclair

Lire la suite

Née sous une bonne étoile....la crèche vivra !

28 Octobre 2012 , Rédigé par Le Peinard Publié dans #Luttes

 

La fermeture de la crèche est un méchant petit dossier qui pourrit l'ambiance au Conseil Général du Nord depuis plusieurs mois. Au départ, un travail en coulisses,  puis de l'enfumage, puis un gros mensonge  et encore de l'enfumage jusqu'à l'annonce  au personnel de la fermeture de leur service à l'été 2013.

La réponse frontale et unanime des organisations et du personnel à cette annonce inquiète l'employeur qui après une fin de non recevoir aux revendications du personnel annonce la création d'une structure transitoire dont rien ne vient cependant à ce jour  garantir le périmètre ni même la capacité d'ores et déjà calculée à la baisse.

 

Les arguments développés sur le fond sont restés en travers de la gorge de tous les syndicats : une crèche d'entreprise trop chère, réservée à des privilégiés travaillant sur Lille, une capacité trop importante, trop de personnel...une situation qualifiée d'inéquitable alors qu'il suffisait de reloger l'existant et de mettre en place ce fichu projet global pour l'ensemble du territoire.

Sur la forme, ça ne vaut guère mieux : désigner les nantis Lillois aux administrés et aux collègues, tenter de diviser les personnel puis le mouvement syndical, dénigrer et tenter d'isoler un militant,  utiliser les agents d'accueil et de sécurité (au sens de protection)  comme gardes et videurs de boîte de nuit contre le personnel de la crèche...

 

Ainsi que l'écrivent nos camarades de SUD, le 24 octobre, Patrick Kanner a déclaré aux représentants syndicaux médusés : « l'Histoire (ndlr : avec un grand H mais sans « fumette ») retiendra que je suis le Président qui a mis fin à cette iniquité... », sourire du Président : « je ne désigne personne ».

Ce qui veut dire que pendant près de trente ans, le Groupe socialiste, ses Présidents,  ses élus et leurs alliés communistes ont entretenu une situation anormale, irrégulière et inéquitable. Faut-il rappeler à Patrick Kanner qu'il était encore il y a peu, premier Vice-Président du Conseil Général ? La quasi-totalité de l'Assemblée départementale qui siégeait déjà avant sa Présidence appréciera.

 

Bref improvisation et amateurisme du début à la fin !


En dernier lieu, Patrick Kanner monte en épingle des incidents intervenus lors de la grève du 25 octobre pour déconsidérer l'action des personnels de la crèche....selon un usage patronal désormais bien établi. 

 

Ce qui nous conduit à reproduire ici l'article de nos camarades de Sud sur la criminalisation de ce mouvement :

 

Le plan com’ utilisé par le président du Conseil Général depuis 48h concernant le devenir de la crèche départementale est particulièrement malhonnête. Il nous semble donc important de rétablir un certain nombre de points et de recontextualiser les éléments communiqués.

Que ce soit face à la presse ou sur le portail intranet du cg59, P. KANNER tente de faire croire que ce qui l’anime dans cette situation, c’est la nécessaire « équité de traitement » en matière de réponse d’accueil petite enfance pour tous les agents de collectivité sur l’ensemble du territoire départemental.

La bonne blague !!!

Dès son intronisation l’année dernière (et même bien avant, lorsqu’il était déjà dans l’exécutif en tant que 1er vice-président), l’ensemble des syndicats revendiquaient une égalité de traitement à travers le Département pour ce qui concerne l’accueil petite enfance des enfants du personnel.

 

Il y a une semaine, avant la mobilisation du personnel, cette nécessaire équité devait passer, pour P. KANNER, par la fermeture de la crèche départementale située à Lille. Pour cela, le président s’appuyait sur :

          - les travaux incontournables à réaliser fin 2013 (le Conseil Général a acquis pour plus de 6,5 millions d’euros le bâtiment appelé le Forum et se retrouve donc seul propriétaire de cet immeuble dans un état lamentable – les travaux de mise en conformité de ce dernier sont estimés par les services du Département à plus de 10 millions d’euros).

          - le coût de la crèche trop important … dû en grande partie au simple fait que l’exécutif départemental n’a jamais voulu mettre les moyens nécessaires à son agrément … conséquence : la crèche ne touche aucun subside de la CAF.

 

Mais surtout, argument bien plus glorieux pour lui : il faut établir une équité de traitement sur l’ensemble du Département en matière d’offre d’accueil petite enfance pour les agents de la collectivité : « J’ai constaté une formidable injustice ! Seul 10% du personnel n’a accès à ce service qu’est la crèche départemental ».

 

Suite à la mobilisation des personnels de la crèche, de parents, soutenus par une intersyndicale regroupant la totalité des organisations de la collectivité (ce qui est assez exceptionnel !) qui a, jeudi 18 octobre, conduit au boycott du Comité Technique Paritaire, P. KANNER fait un quart de pas en arrière. Il sort de son chapeau son intention de se rapprocher de M. AUBRY et  D. PERCHERON pour étudier la faisabilité d’une crèche inter-collectivité sur la métropole lilloise. Et il affirme pouvoir concevoir la mise en place d’une structure collective d’accueil dans l’attente de la réalisation de cet hypothétique projet.

Dans le courant de la semaine, il adresse à chaque syndicat un courrier truffé d’ambiguïtés et charge sa vice-présidente de prendre contact avec certaines organisations syndicales dans l’espoir de casser cette unité.

 

images-3-0874.JPGOuverts à la discussion, contrairement à ce qu’il laisse entendre, les syndicats le rencontrent à nouveau ce mercredi 24 octobre après midi, dans l’espoir que certaines ambiguïtés soient levées.

Premier point de désaccord, à 14h15, avant même d’entrer dans le bureau présidentiel, P. KANNER ne souhaite pas que des agents de la crèche participent à cette entrevue. Il missionne même son collaborateur de cabinet pour venir à notre rencontre et nous demander de modifier la forme de notre délégation … ce que nous refusons … plus d’une demi-heure de palabres !

Une fois attablée, la délégation se retrouve face à un formidable numéro d’égo : entre la ponctuation de « moi » et de « je », nous entendons : « Votre action, vos propos font de moi un patron blessé, vous m’entendez ! » (…) « Je vous le dis droit dans les yeux, l’Histoire retiendra que j’ai été le premier président du Conseil Général à avoir mis fin à cette inéquité ! ».

L’ensemble des représentants syndicaux autour de la table sont sidérés face à ce narcissisme outrancier.

Sur le fond, difficile d’avoir un discours dénué de langue de bois !

P. KANNER confirme son intention de négocier avec d’autres collectivités une structure d’accueil commune … mais cela ne reste que des intentions et donc à ce jour que de la science-fiction.

Il confirme également « la création d’une structure d’accueil collective provisoire » dès que possible : « nous n’attendrons pas le début des travaux dans l’immeuble » … mais cette structure sera constituée sur les besoins qu’il aura identifié … à la baisse évidemment puisque là, à notre demande, quelques chiffres tombent : le taux d’occupation moyen journalier de la crèche actuelle, sur 5 ans est de 52 enfants ! ah bon ? … chiffres évidemment difficiles à vérifier et qui surprennent nos collègues qui accueillaient encore, il y a 4 mois (avant que P. KANNER vide des berceaux) environ 80 enfants. C’est aussi se taire sur la longue liste d’attente permanente de près de 40 enfants. Au bout du compte, en le suivant bien, c’est une crèche de 30 gamins environ qui fera office de « structure provisoire d’accueil » !!!

Des suppressions de postes sont donc prévues, des collègues forcées à quitter le service et des demandes d’accueil non prises en compte !!!

 

Malhonnête, donc, sa communication à la sortie de la rencontre (sur intranet et devant la presse) : « Concernant la crèche lilloise, son maintien dans le bâtiment du Forum étant incompatible avec les travaux nécessaires devant y être engagés, Patrick KANNER a confirmé sa relocalisation dans les meilleurs délais. Une structure provisoire, dans l’attente de la réalisation du projet d’équipement commun avec d’autres collectivités territoriales sera ainsi mise en œuvre sur Lille. Ce projet sera mené dans la concertation et le respect des agents de la crèche. ».

P. KANNER veut alimenter la confusion entre la crèche actuelle et la structure provisoire d’accueil pour masquer sa réelle intention de fermer la première et étudier l’ouverture de la seconde.

Il ne peut d’ailleurs pas reprocher à la totalité des syndicats de sa collectivité d’avoir entendu les mêmes choses et compris son plan com’ !

Comme il ne peut accuser les syndicats de refuser de discuter sur le développement de l’accueil petite enfance en faveur du personnel départemental. Pour nous, le préalable à cette discussion est la préservation de l’existant, de l’acquis … de la crèche départementale située sur la métropole lilloise.

C’est pour cette raison, que l’intersyndicale reste soudée derrière le personnel et les parents déterminés.

Et ce n’est pas la tentative du président de criminaliser la manifestation du 25 octobre (courrier adressé aux syndicats le 26 octobre) qui délégitimera notre action.

Au contraire, la mobilisation du 25 octobre (dont les quelques heurts que nous regrettons sont de la seule responsabilité de l’administration départementale et de son service de sécurité) n’a fait que confirmer cette détermination devant un exécutif départemental qui s’entête à vouloir fermer la crèche et rationaliser l’accueil petite enfance sur le reste du département.

Lire la suite

Nous ne devons rien, nous ne paierons rien ! Grève générale européenne le 14 novembre 2012

28 Octobre 2012 , Rédigé par TriNiTy Publié dans #multitudes versus ideologie

Grève générale européenne contre le TCGE

 

Version imprimable Suggérer par mail

Le 14 novembre 2012,
Grève et manifestations pour l’Europe sociale

Face aux mesures d’austérité qui font plonger l’Europe dans la stagnation économique, voire la récession, ainsi qu’au démantèlement continue du modèle social européen, la FERC-CGT s’inscrit dans la journée européenne d’action et de solidarité décidée par la Confédération Européenne des Syndicats. A ce titre, elle appelle l’ensemble des salariés de ses secteurs à faire grève et à participer aux manifestations prévues.

charger le tract pour le 14 novembre 2012

charger le préavis de grève

 


source :

http://ferc.cgt.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=774&Itemid=162

 

 

images-copie-7.jpeg

Lire la suite

Red Buzz : appel à grève européenne générale le 14 novembre, à suivre....

20 Octobre 2012 , Rédigé par TriNiTy Publié dans #RED BUZZ

"Grève Générale Européenne" le 14 novembre 2012?
L'info est tombée il y a quelques jours sur le site de la Confédération Européenne des Syndicats, la très centriste confédération des travailleuses et des travailleurs de l'Union. Sur les réseaux, ça commence à se savoir. La CES appelle bien sûr à une "journée d'actions" qui prendra des formes très diverses. En Espagne, elle prendra la forme d'une grève générale. Au Portugal de même, ainsi qu'en Grèce. La CGT est en train de prendre ses dispositions pour savoir comment relayer cet appel. Si toute l'Europe s'y met, nous arriverons peut-être à quelque chose...

Lire la suite

Patrick Kanner ferme la crèche du personnel départemental

12 Octobre 2012 , Rédigé par modérateur Publié dans #multitudes versus ideologie

Le Président du Conseil Général du Nord vient de décider de fermer la crèche du personnel qui existait depuis des décennies. Le prétexte : des travaux parfaitement prévisibles sur le bâtiment du Forum dans le cadre d'un investissement sur lequel il y aurait par ailleurs beaucoup à dire, mais c'est une autre histoire. Le personnel de la crèche a sollicité une intersyndicale pour le dépôt d'un préavis de grève ce 18 octobre.

 

 

Communiqué de Presse

 

Les personnels refusent la fermeture de la crèche du Département

 

« Ok, merci pour l'info ! J'apprends ce jour la date de fermeture, mon fils est actuellement chez les grands. Après plusieurs semaines de doute, on a une réponse » écrit un agent du Département à l'adresse mail créée pour le recueil des témoignages et soutiens des collègues. A l'annonce de la fermeture de la crèche du personnel départemental issue de la légendaire crèche préfectorale du Boulevard de la Liberté, la boîte mail ne désemplit pas et les témoignages affluent de tout le Département.  (lire la suite en pdf )

  En premier lieu, ce sont les ex. qui témoignent, les parents anciens-utilisateurs, les anciens pensionnaires tellement fidèles qu'ils ont postulé dans la Collectivité qui les a accueillis bébés. Témoigne même une ancienne de la crèche préfectorale restée jusqu'à la l'âge de l'école primaire qui n'a pas hésité à confier ses enfants à sa petite sœur départementale. Les témoignages sont unanimes à vanter la disponibilité, l'engagement et le professionnalisme du personnel de la crèche. La crèche départementale a rempli son office accueillir, socialiser, ouvrir au monde et rassurer les parents.

« Honteux et scandaleux, sont les mots qui me viennent en apprenant la fermeture officielle de la crèche départementale » s'indigne un collègue opposé à cette fermeture. La réaction est partagée et les termes « indignation, déception, colère, tristesse, scandale, choc, incompréhension » reviennent sans cesse sous la plume des intervenants. Tous condamnent la méthode qui consiste à fermer un service au personnel sous le prétexte de travaux prévisibles. La crèche n'était pas aux normes, on pouvait facilement y remédier. Le prétexte est faux et mal servi. Les collègues ne s'y trompent pas qui dénoncent « c'est une aberration dans une structure comme la nôtre de ne pas avoir un lieu d'accueil pour les enfants », « à l'heure où les entreprises font leur maximum pour créer des crèches pour aider leurs collaborateurs, le Département fait l'inverse » et accusent « c'est scandaleux(...) de voir le gâchis, sans gêne que peuvent avoir le staff et autre !!! comme la loge au Grand Stade et le coût des jeux olympiques de Londres. C'est une honte » ou encore « l'orientation du Département semble claire, l'argent pour le Président et ses collaborateurs pour leur plaisir (exemple les JO, la loge, les logements de fonction, la politique de notoriété,etc...) ».

Qu'une crèche d'entreprise soit un plus pour les agents, l'employeur et la société n'est plus à démontrer. Que ça coûte trop cher, ça reste à prouver et les collègues ne sont pas convaincus qui parlent même « d'intelligence sociale ». Les propositions et les idées ne manquent pas non plus du côté de la PMI et des services ASE.C'est un funeste symbole lorsque le Département supprime un établissement accueillant la petite enfance qui rappelons-le est une de ses premières missions.

« Quel naufrage ! » écrit amèrement un collègue auquel un autre répond en écho « si le changement, c'est ça... ».

 

Lille, le 12 octobre 2012


 

Suite au préavis de grève déposé par l'intersyndicale, les personnels, les parents et les collègues se rassembleront le jeudi 18 octobre à partir de 9 h 00, face aux archives Départementales, 2 rue Saint Bernard à Lille pour interpeller le Président Patrick Kanner et les Conseillers Généraux siégeant en CTP. Le soutien des élus du personnel leur est acquis.

 

Lire la suite

Ce n’est pas de « dialogue social » dont les salariés ont besoin, mais de négociations sur leurs propres revendications !

7 Octobre 2012 , Rédigé par modérateur Publié dans #anti-langue-de-bois

Interview de Philippe CORDAT secrétaire général de l’Union régionale CGT de la région Centre (qui regroupe 6 départements : le Cher, l’Eure-et-Loir, l’Indre, l’Indre et Loire, le Loire et Cher et le Loiret).dans Bastille République Nations (BRN) mensuel daté du 17 septembre 2012

 

Le « sommet » de la CGT rallié à l’Europe ?

Un dirigeant régional analyse l’état des lieux.

 

Philippe Cordat donne ici son analyse de la situation économique et sociale, de ses causes européennes, et des enjeux pour la centrale syndicale.

 

 

BRN : A travers vos responsabilités, comment évaluez-vous aujourd’hui l’intégration européenne ?

 

Philippe CORDAT :

Il faut remettre celle-ci en perspective : l’Union européenne est née de la Communauté du charbon et de l’acier des années 1950, a promu le libre-échange, puis la libre-circulation des capitaux et des marchandises. L’Union économique d’aujourd’hui sert les intérêts qui l’ont mises sur les rails des l’origine : ceux du capital. Elle apparaît comme un véritable carcan qui étend sa mainmise sur tout, de la production agricole et agro-alimentaire jusqu’à la défense, en passant par l’eau, l’énergie… Bref, tout ce qui structure les activités des pays, et la vie même de ses habitants.

 

BRN : Mais ses partisans invoquent la nécessité de coopérations …

 

Philippe CORDAT :

Ladite « construction européenne » est aux antipodes de véritables coopérations. Sa raison d’être a pour noms : restructurations, privatisations, remise en cause du fondement des protections sociales. En France, la Sécurité sociale est une conquête largement issue du programme du Conseil National de la résistance qui a soustrait une part de la rémunération du travail à l’emprise du capital. Le patronat s’est organisé au niveau européen pour dicter sa loi, et remettre en cause ces acquis.

 

BRN : Y a-t-il des conséquences particulièrement visibles dans votre région ?

 

Philippe CORDAT :

La région Centre est notamment caractérisée par un poids important des implantations militaires et des industries de défense, elle est par exemple la première région productrice de munitions.

Nous avons donc subi de plein fouet la transformation de ce qui était l’établissement public GIAT SA, puis en la société de droit privé Nexter. Les conséquences sont lourdes sur l’emploi, de même qu’en termes de droits et de statut  des salariés. Et nous sommes en pleine restructuration de la production d’armements suivant une logique et un partage européens, avec l’arrivée de groupes privés, tels que Thalès et Dassault.

 

BRN : Une logique européenne, c’est-à-dire ?

 

Philippe CORDAT :

L’objectif de défense nationale a été supplanté par une ambition de défense européenne sous l’égide de l’OTAN. En fait de « défense », on devrait plutôt parler de projection aux quatre coins du monde, comme le montre la multiplication des missions « civilo-militaires » de l’UE ; et de « business » des armes pour maximiser les profits. Pour une région, cela signifie morcellement des productions jusquà la liquidation et au bradage de celles-ci selon des répartitions et arrangements au niveau européen, dont les sites de Bourges et de Salbris (ce dernier aujourd’hui liquidé) ont particulièrement fait les frais.

 

BRN : Comment évaluez-vous l’état d’esprit populaire sur ces enjeux ?

 

Philippe CORDAT :

Quand on est un syndicaliste CGT, on se doit d’adopter un point de vue « de classe » et de raisonner à partir des intérêts du salariat : ce qui nous importe au premier chef, c’est la réaction des ouvriers, employés, techniciens, cadres (en activité, en retraite, ou privés d’emploi). Lors des dernières élections, force est de constater que le vote des salariés s’est éparpillé comme jamais auparavant. Je pense que le rejet de l’Union européenne a été un des facteurs déterminants à cet égard, même s’il s’est traduit de manière confuse. Rappelons que les salariés avaient voté majoritairement contre le traité de Maëstricht en 1992, finalement adopté de justesse ; et que le NON massif du monde du travail au traité constitutionnel (TCE) a été déterminant dans le rejet de celui de 2005.

 

BRN : C’est la colère qui s’était ainsi manifestée ?

 

Philippe CORDAT :

C’est d’abord l’expérience. J’ai évoqué la protection sociale, mais il faut aussi citer les services publics, la recherche… La colère, elle, s’exprime le plus brutalement dans le secteur agricole, parmi les petits exploitants littéralement étranglés.

 

BRN : Sentez-vous que les salariés fassent le lien direct entre les attaques qu’ils subissent, et l’emprise de Bruxelles ?

 

Philippe CORDAT :

C’est souvent plus diffus, sauf pour ceux qui vivent directement les liquidations et fermetures. Là, nos syndicats d’entreprise soulignent les responsabilités- et sont souvent bien seuls : les autres organisations syndicales, dans les cas cités, ont fréquemment participé aux restructurations.

 

BRN : L’UE pousse aussi aux délocalisations…

 

Philippe CORDAT :

C’est le cas dans le secteur automobile, très présent également dans nos départements via les grands équipementiers. Ces derniers –tel Faurecia- contraignent nombre de sous-traitants à délocaliser leurs unités de production, en particulier vers l’Est de l’UE (Pologne, Tchéquie …).

Bruxelles verse ensuite des fonds, de même que les collectivités locales, pour financer les « cellules de reclassement », les « programmes de sécurisation » et les « plans sociaux » ! Cependant, ces délocalisations européennes semblent bien inaccessibles au niveau d’un syndicat d’entreprise, et provoquent souvent un sentiment d’impuissance.

 

BRN : En 1992, la direction confédérale de la CGT s’engageait résolument pour le NON à Maëstricht. En 2005, elle a tenté de maintenir la centrale dans un prudent retrait, avant que le Comité confédéral national (CCN) se prononce finalement pour le rejet du traité constitutionnel européen (TCE). Comment expliquer cette évolution spectaculaire ?

 

Philippe CORDAT :

Il faut tout d’abord se garder de considérer que la CGT est homogène. Dans sa longue histoire, elle a connu en son sein des courants divers – pour faire court : un courant «  révolutionnaire » et un courant « réformiste ». Ainsi, pour prendre un exemple vieux d’un siècle, la direction de la confédération s’était rangée, en 1914, du côté des bellicistes en appelant à l’ « union sacrée ». Cela s’est probablement fait à contre-courant du sentiment majoritaire des adhérents. La composition des directions est un facteur déterminant dans les affrontements entre les courants que j’ai citées.

 

BRN : Mais au moment du referendum sur le traité de Maëstricht …

 

Philippe CORDAT :

… Le bureau confédéral était largement acquis à la nécessité de lutter contre cette menace pour le pays et pour le monde du travail. Et la CGT a dû ainsi jouer un rôle important. Mais cela ne signifie pas que les dirigeants étaient unanimes. Ceux qui étaient porteurs d’une ligne « réformiste » faisaient déjà les yeux doux à l’intégration européenne. Logique : l’ « idée européenne » a été historiquement portée par deux forces : la social-démocratie et le Vatican. Les deux ne sont pas sans relais dans notre organisation, et ont fait de l’Europe un axe privilégié de leur influence en son sein.

 

BRN : C’est ce qui explique le couac de 2005 ?

 

Philippe CORDAT :

La composition de la direction confédérale avait alors évolué, au point que, à mon avis, si on avait fait un sondage auprès des membres de la Commission exécutive, on aurait trouvé une majorité pour le OUI. Au même moment cependant, un grand nombre d’organisations, parmi lesquelles plusieurs Unions départementales de notre région, ont consulté leurs syndiqués. La prise de position en faveur du NON a été massive. D’où le désaveu finalement infligé à la direction par le CCN (1).

 

BRN : En 1999, la CGT adhère à la Confédération européenne des syndicats (CES). Est-ce que cela a accéléré l’évolution des dirigeants confédéraux en faveur de l’Europe ?

 

Philippe CORDAT :

Personnellement je faisais partie de ceux qui n’approuvaient pas cette adhésion. A l’époque cependant il s’agissait, disait-on, de porter des idées de lutte au sein de la CES en restant nous-mêmes, et de pousser cette dernière sur le chemin de l’action.

 

BRN : Finalement, laquelle des deux organisations a influé sur l’autre ?

 

Philippe CORDAT :

Il faut regarder les choses en face. Certes, la CES organise régulièrement des manifestations transnationales. Mais elle reste plus que jamais intégrée aux institutions bruxelloises ; elle est d’ailleurs née en leur sein, avec l’objectif explicite de contribuer à la « construction européenne ». Elle ne remet en cause ni les fondements, ni même les principes pour lesquels l’UE agit en ce moment : effacement des souverainetés, remboursement des dettes au profit des marchés … Lors du débat sur feu le TCE, le site de la CES appelait explicitement à adopter celui-ci. Et jusqu’au referendum, les hauts dirigeants de la CES issus de la CGT ont fait campagne en ce sens.

 

BRN : Cet affrontement de 2005 a laissé des traces …

 

Philippe CORDAT :

Il a en tout cas ouvert les yeux de nombreux militants sur les positionnements des uns et des autres, ainsi que sur le rôle de certains groupes ou clubs associant dirigeants syndicaux et patronaux, avec la bénédiction et le soutien financier de Bruxelles. Il a également permis de mesurer l’ampleur de la perte de repères. Les dirigeants qui se sont laissé entra

îner ou dériver devraient aujourd’hui faire le bilan.

 

BRN : Bernard Thibault va-t-il engager cette évaluation critique ?

 

Philippe CORDAT :

Il ne semble pas en prendre le chemin. Le 8 décembre 2011, il cosignait, avec François Chérèque (CFDT) et d’autres syndicalistes européens, un texte affirmant notamment : "nous  continuons de soutenir qu’il n’y a pas d’autre solution que l’approfondissement du projet européen". Les auteurs vantaient notamment le modèle social européen. Les termes de cette tribune sont ahurissants. Je pèse mes mots : cet appel est en rupture totale avec ce qu’a affirmé la CGT pendant des décennies – je renvoie notamment à un livre de référence, publié en 1981 sous l’égide du responsable aux questions internationales (2) et qui comportait une analyse sans concession de la Communauté depuis le Traité de Rome.

 

BRN : Quelles ont été les réactions ?

 

Philippe CORDAT :

Quelques camarades que je connais ont été stupéfiés. Mais le texte est en réalité passé inaperçu du grand public et de la masse de nos syndiqués. Quoiqu’il en soit, il va bien falloir clarifier les choses : la CES a-t-elle constitué un « plus » pour les  salariés ? Il faudrait qu’un grand nombre de nos syndicats s’emparent de ces questions

 

BRN : Celles-ci auront-elles un écho lors du prochain congrès confédéral (mars 2013) ?

 

Philippe CORDAT :

Je l’espère. Pour l’heure, l’écho médiatique de sa préparation a plutôt porté sur la succession de Bernard Thibault, pour laquelle trois candidats ont été cités. Je note qu’aucun de ceux-ci ne semble remettre en cause l’orientation actuelle. Pour ma part, je souhaite que le choix se fasse sur notamment une question : qui sera le mieux à même de rassembler et de replacer la CGT dans une dynamique de conquête sociale ? A cet égard le critère déterminant est pour moi celui du parcours syndical : il faut que le ou la futur secrétaire général ait milité dans une entreprise, se soit confrontés aux patrons, sache ce que c’est qu’organiser une lutte, gagner de nouveaux adhérents ou collecter des cotisations sur le terrain.

 

BRN : C’est-à-dire l’inverse du profil des chefs de la CES …

 

Philippe CORDAT :

Exactement ! Ainsi, l’actuelle secrétaire générale de la CES, Bernadette Ségol, a fait toute sa carrière comme technocrate, conseillère puis dirigeante d’une fédération européenne, sans jamais avoir travaillé dans une entreprise. C’est le profil type  d’une syndicaliste « institutionnelle » à la tête d’une organisation institutionnelle. La CGT n’en est pas là, et il faut éviter à tout prix qu’elle en arrive là un jour.

 

BRN :En matière de syndicalisme « institutionnel », quel rôle joue le concept de « dialogue social », qui se traduit par exemple par l’organisation d’un « sommet social » à Bruxelles tous les six mois ?

 

Philippe CORDAT :

Le « dialogue social », de même que les « partenaires sociaux » qui le constituent, sont des clés grâce auxquelles les dirigeants patronaux, notamment à l’échelle européenne, entendent intégrer les salariés dans leur propre jeu. Faut-il préciser que les « partenaires » patronaux n’ont jamais envisagé de partager ni les profits, ni les décisions ? Il s’agit plutôt de balader les syndicalistes – que ce soit au niveau des groupes, des branches, des pays, ou de l’UE – afin d’éloigner ceux-ci des entreprises et de leurs collègues. Ce « dialogue social » est la tasse de thé des gouvernements sociaux-démocrates, mais la droite n’est généralement pas en reste. D’ailleurs, beaucoup de salariés l’ont bien compris : dès qu’on leur annonce un « dialogue social », ils se demandent quel mauvais coup va être annoncé …

 

BRN : Quelle est l’alternative ?

 

Philippe CORDAT :

Ce n’est pas de « dialogue social » dont les salariés ont besoin, mais de négociations sur leurs propres revendications ! Ces négociations se caractérisent par le fait qu’elles s’appuient sur un rapport de force, et non sur la recherche d’un consensus. Et elles doivent partir d’un principe essentiel : ce sont les besoins sociaux, et ceux du pays, qui doivent être le véritable moteur de l’économie.

 

 

 

(1) Le Comité confédéral national (CCN) qui rassemble les représentants des Fédérations et Unions départementales, est l’organe souverain entre deux congrès.

 

(2) René DUHAMEL, "Aux quatre coins du monde". Editions sociales, 1981.

Lire la suite