Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /2008 21:23

Le 20 juin 2007, un de nos collègues s’est donné la mort sur son lieu de travail en se défenestrant.

 

 

Règle 1 : L'illusionnisme requiert de savoir gérer un public difficile

 
 
 

Chronologie d'un escamotage :

 

Au lendemain du 20 juin 2007
Une délégation des proches collègues est reçue par le Directeur Général Adjoint aux Ressources Humaines, le Directeur Général Adjoint à l'Action Sociale et autres responsables.

 

Les représentants du personnel siégeant au Comité d'Hygiène et de Sécurité (CFDT, CGT,UNSA) demandent la réunion d'un CHS exceptionnel.

 

2 juillet 2007
Séance Plénière, Monsieur Bernard Derosier, Président du Conseil Général du Nord évoque la mémoire de notre collègue et présente ses condoléances à la famille.

 

Septembre 2007
Parution d'un petit article dans le journal interne « Partenaires », page 5, évoquant le suicide de notre collègue et l’intervention du Président du CG lors de la séance du 2 juillet 2007.

 

13 décembre 2007 – CHS ordinaire
Le suicide au travail a enfin été inscrit , il est vrai parmi d’autres points, à l’ordre du jour d'un CHS.

 

Le responsable de l’Inspection Générale des Services – Direction sous l’autorité directe et exclusive du Président – est rapporteur de l’enquête mené par ses services. Il est en arrêt maladie le jour du CHS, le compte-rendu est donc reporté au mois de janvier prochain.

 

31 janvier 2008
L’élue CGT au CHS regrette que la réunion de janvier n'ait pas eu lieu et pose quelques questions écrites au Président du CHS, Vice Président aux ressources humaines  sur :

  • l’absence d’un CHS exceptionnel au lendemain du drame ;
  • la non consultation des représentants du personnel ;
  • le mandat donné unilatéralement au plus niveau à l'IGS pour mener une enquête ;
  • la légitimité de l’IGS à conduire seule une enquête sur un suicide alors que son autonomie et son indépendance restent à démontrer ;
  • la non participation des élus du personnel à l’enquête ;
L’élue demande qu’un CHS spécifique soit convoqué sans délais.

 

 

Règle n°2 -
Ne jamais répéter deux fois le même tour devant le même public

 

25 Février2008
Bernard Derosier répond que le responsable de l’IGS « est en arrêt maladie pour une durée qu’il ne m’est pas possible de vous préciser à ce jour. Dès qu’il aura repris son activité professionnelle, il ne manquera pas de venir devant le CHS comme cela avait été prévu ».

 



Escamotage  d'un suicide : en chiffres

Comité Hygiène et Sécurité exceptionnel :
zéro

Comité Technique Paritaire spécifique (le CHS est une émanation du CTP) :
zéro

Consultation des élus du personnel :
zéro

Enquête des élus du personnel :
zéro

Réunion pour discuter de l'opportunité de missionner l’IGS :
zéro

Information des élus du personnel :
zéro

Information du personnel :
zéro

Communication forte et rassurante de l’administration envers les agents :
zéro

Capacité à envisager une éventuelle responsabilité de la collectivité  :
zéro

mais

Fenêtres condamnées : plusieurs dizaines sur plusieurs étages sur le lieu du suicide

 

 

Escamotage et boniment (extrait,  modifié par nos soins,  d'un manuel d'illusionnisme)
Tous les tours quels qu'ils soient et si bien exécutés qu'ils puissent être ne seraient rien et ne produiraient aucun effet sur le public s'ils n'étaient pas présentés avec ce que l'on appelle le boniment nécessaire qui fera accepter ce que peut avoir d'inacceptable le tour de passe-passe. Pour nier la réalité, il ne suffit pas, en effet, de savoir convenablement escamoter les hommes et les événements, il faut avoir la science des combinaisons, l'esprit d'à-propos pour rattraper un tour qui rate. Il faut encore avoir le talent de présenter ses expériences au public en inspirant confiance. Trop d'arrogance et trop de mépris nuisent à l'effet d'illusion.

 

 

Règle d'or :
Ne jamais présenter un tour que l'on ne maîtrise pas parfaitement


NOUS EXIGEONS UN CHS SPECIFIQUE RELATIF AU SUICIDE DE NOTRE COLLEGUE –

NOUS NOUS CONTRE-FICHONS DU COMPTE RENDU DE L'IGS ("rapport" dont l'existence nous paraît  plus que douteuse)

  

Le DGARH et autres collègues de l'administration qui s'étaient « fendus » d'un commentaire ou d'un droit de réponse indigné sur un sujet beaucoup moins sérieux, sont vivement invités à commenter cet article et le non respect de la procédure ordinaire en matière de suicide sur le lieu de travail.
 
Par Trinity - Publié dans : management social-liberal
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Commentaires

J'enterre, tu enterres, il enterre et ni vu ni connu, on passe à autre chose.
Commentaire n°1 posté par pierre le 17/03/2008 à 17h45
Bonjour,

Quel silence éloquent n'est-ce pas ? Où sont les donneurs de leçon de morale ? 
Le modérateur
Réponse de le 18/03/2008 à 10h41
Cet épouvantable évênement ne soit pas faire oublier l'autre drame qui s'est déroulé dans la filière culturelle cette fois-ci.
Il ne doit pas non plus cacher que sont de plus en plus nombreux les agents à se tourner vers leurs syndicats pour relater les basses manoeuvres pour les mettre les agents sous pression, les pousser à bout pour affirmer leur autoritarisme. Derrière tout ça, c'est la maladie, le mal être qu'on ramène chez soi et contre lesquels les séances anti-stress de la DRH ne pourront jamais rien.
Harcelés socialement par les droites, lâchés par la gôche !

Bon, ils ont bien fait la fête hier soir, et ils ont bien fait leur petit cinéma ce matin, le petit doigt sur la couture pour faire plaisir à leur petit Sarko. J'imagine qu'ils devaient tous être là, les grosses têtes de la DRH, avec les élus !
Ah ! les petits vieux qu'ils ont laissés moisir dans leur sous-minimum viellesse ! Ils les avaient oubliés !
Ca devient vraiment lourd ! Ils nous avaient pas fait le coup depuis le onze septembre. Ils devraient le faire plus souvent, c'est fédérateur.
Commentaire n°2 posté par twingo le 17/03/2008 à 22h44
N'allez -vous pas un peu vite ?
Mettre un terme à sa vie avant l'heure, c'est avant tout une décision individuelle.
C'est un geste qui doit être abordé avec beaucoup de précaution.
Ce que je viens de lire me laisse à penser qu'il y a ici un parti pris : Vouloir à tout prix en trouvrer les causes sur le lieu de travail.
Seule la personne concernée aurait pu nous renseigner sur ses "motivations". En cela l'enquête de l'instance administrative nous intéresse, on ne peut s'en "contre-ficher".
Y a t-il un mot explicatif, en a t-il parlé à ses proches, ses collègues...
Tout le reste ne sera toujours que pure spéculation.
Et à titre personnel, je crains toujours une forme de récupération d'un drame comme celui, une sorte d'instrumentalisation qui permet de dire " vous voyez, c'est de votre faute, on vous l' avait bien dit", mais on ne nous écoute pas!
Et ce qui motive ces quelques lignes, c'est votre message incitant à commenter ce billet comme le précédent l'a été.
Comme un message vengeur, la rage d'avoir une sorte de revanche à prendre sur ... qui, quoi ?
Qu'est-ce qui se passe? on vient, on lit, on apprécie, et si le besoin s'en fait sentir, on laisse son avis, rien d'autre !
"Instrumentalisation"
Commentaire n°3 posté par Jacques le 24/03/2008 à 13h17
bonjour Jacques,

En ce qui concerne votre intervention, j'hésite entre les réponses suivantes :
- ici c'est pas un café philo (ça c'est pour les considérations générales sur le suicide)

ou

- vous ne savez plus lire quant il s'agit des textes cégétistes (ça c'est pour l'accusation d'instrumentalisation alors que nous réclamons la procédure normale - juste la procédure normale - sans préjuger du dossier) ;

et vous ne reconnaissez pas les droits des élus du personnel.

quant "au geste (le suicide) qui doit être abordé avec beaucoup de précaution", nous avons attendu près de dix mois pour hausser le ton et informer plus largement - je ne sais pas ce qu'il vous faut : nous taire et oublier ?

Le Modérateur

NB : si vous écrivez sur commande, vous êtes récusé.
Réponse de modérateur le 01/04/2008 à 14h14
Il me semble que la CGT avait dans un tract mis l'administration en garde contre un management sans ménagement qui pourrait aboutir à des drames.
Comme sur la route combien faut-il de morts à un carrefour pour mettre enfin un stop?
L'IGS concluera certainement que ce cas est isolé et purement personnel sans lien avec le travail.
L'administration ne pourra ou ne voudra jamais reconnaitre qu'elle peut être responsable en partie d'acte aussi violent.
Si heureusement le suicide n'est pas fréquent, combien d'agents vont mal, très mal?
Commentaire n°4 posté par MetM le 25/03/2008 à 20h15
bonsoir MetM

J'ai dû faire un copié-collé de votre commentaire parce que vous l'aviez posté sur l'article "douce France,...". Ceci pour expliquer  que le commentaire est publié en même temps que la réponse du modérateur.
Ce que vous écrivez est correct mais  sur ce dossier répétons jusqu'à la nausée : la procédure rien que la procédure.

amicalement- modérateur
Réponse de modérateur le 25/03/2008 à 20h20
Ce qui est veritablement scandaleux dans cette affaire c'est que RIEN n'a été fait. Les collègues de cet homme ont été laissés à l'abandon, seuls face à leurs questions.

Pas de cellule psychologique, pas d'enquete : RIEN

c'est un Déni de la part de la hiérarchie !

Commentaire n°5 posté par haut parleur le 27/03/2008 à 06h39
Nous faisons souvent face à une administration (et des élus) autistes et arrogants.

Réponse de modérateur le 27/03/2008 à 18h18
Je m'adresse à Jacques,
C'est pas toi que j'ai vu derrière le DRH le jour de la minute de silence ?
Commentaire n°6 posté par twingo le 29/03/2008 à 08h22
Employé au cg59, je suis également à bout.
Commentaire n°7 posté par ghp le 01/04/2008 à 08h24
Bonjour,

Nous vous invitons à nous appeler au syndicat (passez par le standard du Conseil Général)

le modérateur
Réponse de modérateur le 01/04/2008 à 14h10
Ouaip, faut pas hesitez, franchement quant la charge est trop lourde un petit tour par le local syndical ca donne des ailes.

Dans ce monde de violence, ca fait vraiment du bien de voir que les capacités de résistance ne sont pas épuisées, qu'il y a des gens qui savent encore se battre pour leurs collègues.

Leurs fois, leur espérances mais aussi leur colère et leur decouragement (parfois) m'ont donné envie d'etre des leur : je ne le regrette pas !
Commentaire n°8 posté par pol le 06/04/2008 à 22h55
 
 
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