Le 20 juin 2007, un de nos collègues s’est donné la mort sur son lieu de travail en se défenestrant.
Règle 1 : L'illusionnisme requiert de savoir gérer un public difficile
Chronologie d'un escamotage :
Au lendemain du 20 juin 2007
Une délégation des proches collègues est reçue par le Directeur Général Adjoint aux Ressources Humaines, le Directeur Général Adjoint à l'Action Sociale et autres responsables.
Les représentants du personnel siégeant au Comité d'Hygiène et de Sécurité (CFDT, CGT,UNSA) demandent la réunion d'un CHS exceptionnel.
2 juillet 2007
Séance Plénière, Monsieur Bernard Derosier, Président du Conseil Général du Nord évoque la mémoire de notre collègue et présente ses condoléances à la famille.
Septembre 2007
Parution d'un petit article dans le journal interne « Partenaires », page 5, évoquant le suicide de notre collègue et l’intervention du Président du CG lors de la séance du 2 juillet
2007.
13 décembre 2007 – CHS ordinaire
Le suicide au travail a enfin été inscrit , il est vrai parmi d’autres points, à l’ordre du jour d'un CHS.
Le responsable de l’Inspection Générale des Services – Direction sous l’autorité directe et exclusive du Président – est rapporteur de l’enquête mené par ses services. Il est en arrêt maladie le jour du CHS, le compte-rendu est donc reporté au mois de janvier prochain.
31 janvier 2008
L’élue CGT au CHS regrette que la réunion de janvier n'ait pas eu lieu et pose quelques questions écrites au Président du CHS, Vice Président aux ressources humaines sur :
Règle n°2 -
Ne jamais répéter deux fois le même tour devant le même public
Escamotage d'un suicide : en chiffres
Comité Hygiène et Sécurité exceptionnel :
zéro
Comité Technique Paritaire spécifique (le CHS est une émanation du CTP) :
zéro
Consultation des élus du personnel :
zéro
Enquête des élus du personnel :
zéro
Réunion pour discuter de l'opportunité de missionner l’IGS :
zéro
Information des élus du personnel :
zéro
Information du personnel :
zéro
Communication forte et rassurante de l’administration envers les agents :
zéro
Capacité à envisager une éventuelle responsabilité de la collectivité :
zéro
mais
Fenêtres condamnées : plusieurs dizaines sur plusieurs étages sur le lieu du suicide
Règle d'or :
Ne jamais présenter un tour que l'on ne maîtrise pas parfaitement
NOUS EXIGEONS UN CHS SPECIFIQUE RELATIF AU SUICIDE DE NOTRE COLLEGUE –
NOUS NOUS CONTRE-FICHONS DU COMPTE RENDU DE L'IGS ("rapport" dont l'existence nous paraît plus que douteuse)
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Quel silence éloquent n'est-ce pas ? Où sont les donneurs de leçon de morale ?
Le modérateur
Il ne doit pas non plus cacher que sont de plus en plus nombreux les agents à se tourner vers leurs syndicats pour relater les basses manoeuvres pour les mettre les agents sous pression, les pousser à bout pour affirmer leur autoritarisme. Derrière tout ça, c'est la maladie, le mal être qu'on ramène chez soi et contre lesquels les séances anti-stress de la DRH ne pourront jamais rien.
Harcelés socialement par les droites, lâchés par la gôche !
Bon, ils ont bien fait la fête hier soir, et ils ont bien fait leur petit cinéma ce matin, le petit doigt sur la couture pour faire plaisir à leur petit Sarko. J'imagine qu'ils devaient tous être là, les grosses têtes de la DRH, avec les élus !
Ah ! les petits vieux qu'ils ont laissés moisir dans leur sous-minimum viellesse ! Ils les avaient oubliés !
Ca devient vraiment lourd ! Ils nous avaient pas fait le coup depuis le onze septembre. Ils devraient le faire plus souvent, c'est fédérateur.
Mettre un terme à sa vie avant l'heure, c'est avant tout une décision individuelle.
C'est un geste qui doit être abordé avec beaucoup de précaution.
Ce que je viens de lire me laisse à penser qu'il y a ici un parti pris : Vouloir à tout prix en trouvrer les causes sur le lieu de travail.
Seule la personne concernée aurait pu nous renseigner sur ses "motivations". En cela l'enquête de l'instance administrative nous intéresse, on ne peut s'en "contre-ficher".
Y a t-il un mot explicatif, en a t-il parlé à ses proches, ses collègues...
Tout le reste ne sera toujours que pure spéculation.
Et à titre personnel, je crains toujours une forme de récupération d'un drame comme celui, une sorte d'instrumentalisation qui permet de dire " vous voyez, c'est de votre faute, on vous l' avait bien dit", mais on ne nous écoute pas!
Et ce qui motive ces quelques lignes, c'est votre message incitant à commenter ce billet comme le précédent l'a été.
Comme un message vengeur, la rage d'avoir une sorte de revanche à prendre sur ... qui, quoi ?
Qu'est-ce qui se passe? on vient, on lit, on apprécie, et si le besoin s'en fait sentir, on laisse son avis, rien d'autre !
"Instrumentalisation"
En ce qui concerne votre intervention, j'hésite entre les réponses suivantes :
- ici c'est pas un café philo (ça c'est pour les considérations générales sur le suicide)
ou
- vous ne savez plus lire quant il s'agit des textes cégétistes (ça c'est pour l'accusation d'instrumentalisation alors que nous réclamons la procédure normale - juste la procédure normale - sans préjuger du dossier) ;
et vous ne reconnaissez pas les droits des élus du personnel.
quant "au geste (le suicide) qui doit être abordé avec beaucoup de précaution", nous avons attendu près de dix mois pour hausser le ton et informer plus largement - je ne sais pas ce qu'il vous faut : nous taire et oublier ?
Le Modérateur
NB : si vous écrivez sur commande, vous êtes récusé.
Comme sur la route combien faut-il de morts à un carrefour pour mettre enfin un stop?
L'IGS concluera certainement que ce cas est isolé et purement personnel sans lien avec le travail.
L'administration ne pourra ou ne voudra jamais reconnaitre qu'elle peut être responsable en partie d'acte aussi violent.
Si heureusement le suicide n'est pas fréquent, combien d'agents vont mal, très mal?
J'ai dû faire un copié-collé de votre commentaire parce que vous l'aviez posté sur l'article "douce France,...". Ceci pour expliquer que le commentaire est publié en même temps que la réponse du modérateur.
Ce que vous écrivez est correct mais sur ce dossier répétons jusqu'à la nausée : la procédure rien que la procédure.
amicalement- modérateur
Pas de cellule psychologique, pas d'enquete : RIEN
c'est un Déni de la part de la hiérarchie !
C'est pas toi que j'ai vu derrière le DRH le jour de la minute de silence ?
Nous vous invitons à nous appeler au syndicat (passez par le standard du Conseil Général)
le modérateur
Dans ce monde de violence, ca fait vraiment du bien de voir que les capacités de résistance ne sont pas épuisées, qu'il y a des gens qui savent encore se battre pour leurs collègues.
Leurs fois, leur espérances mais aussi leur colère et leur decouragement (parfois) m'ont donné envie d'etre des leur : je ne le regrette pas !