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Blog révolu CGT-révolue du Département du Nord

La police des familles ? plus que jamais !

28 Décembre 2010 , Rédigé par modérateur Publié dans #biopolitique du fou

L’action sociale à la mode Vichy

Hebdo n°33

Si le secret bancaire a encore de beaux jours devant lui, ce n’est pas vraiment le cas du secret professionnel dans le domaine de l’action sociale. Depuis quelques années, éducateurs, assistantes sociales, psychologues scolaires, médecins de PMI, etc., sont confronté à une série de dérogations obligatoires à leur secret professionnel. Un principe pourtant inscrit dans le code pénal (article 226-13), et ne pas le respecter peut leur coûter un an de prison et 15.000 euros d’amende.

 

La fin du sceau du secret, dans l’action sociale, c’est pourtant la fin du lien de confiance qui s’établit entre un professionnel et des personnes démunies. Aujourd’hui, on parle donc de « secret partagé ». « Mais s’il est partagé, est-ce encore un secret ? », se demande Aline, une assistante sociale qui milite au sein du Collectif national antidélation, créé il y a cinq ans pour résister aux premières mesures « sociales » de Nicolas Sarkozy.

Dernier coup de canif en date, un amendement glissé dans la loi Boutin (« logement et lutte contre l’exclusion », adoptée le 19 février). Elle modifie le « droit au logement opposable » (DALO), instauré grâce à l’action des Enfants de Don Quichotte en 2006. Désormais, une « commission de médiation » sera habilité à soutirer aux « professionnels de l’action sociale et médico-sociale (…) les informations confidentielles dont ils disposent ». « Démarche curieuse », poursuit Aline, qui exerce à Paris depuis 23 ans. « Car il s’agit bien d’obtenir des informations que les demandeurs n’ont pas voulu donner en remplissant leur dossier. En quoi de savoir si le père est alcoolique, ou si on emménage avec un ami sans papier, va rendre leur demande plus ou moins légitime? C’est de la suspicion intolérable! »

La première brèche s’est ouverte en mars 2007 dans la loi de « prévention de la délinquance ». Son article 8 précise que tout agent du champs social et médico-social « informe le maire de la commune (…) et le président du conseil général » en cas d’« aggravation des difficultés sociales, éducatives ou matérielles d’une personne ou d’une famille ». Aline poursuit: « Il n’est pas écrit qu’on « peut informer » ou « fournir », mais qu’on « informe » et qu’on « fourni ». Pas de discussion possible. »

La loi Hirsch sur le Revenu de solidarité active (RSA) du 1er décembre 2008 y va aussi de sa mesurette sournoise: tout agent d’« organismes publics ou privés concourant aux dispositifs d’insertion » est tenu d’apporter son concours à l’« identification de la situation du foyer » (cf article 3, section 4: « Contrôle et échanges d’informations » de la loi Hirsch). La section 7 « Suivi statistique, évaluation et observation » vaut aussi le détour, où il est question du recueil et de l’échange d’«informations relatives à la situation sociale, familiale et professionnelle et à l’accompagnement des bénéficiaires du revenu de solidarité active, aux dépenses engagées à ce titre et à la mise en œuvre des actions d’insertion».

En mars dernier, le collectif d’allocataires RTO a divulgué un document émanant des services d’insertion parisiens, qui met en lumière un nouveau fichier, « I-RSA »: «l’outil I-RSA d’aide à l’instruction des demandes et de collecte des données sociales et professionnelles sera mis en place à partir de juin 2009». Avec le RSA, «le principe de l’attribution des aides en fonction des ressources et de la composition du foyer et non du statut est posé par la loi»… En droite ligne avec la politique d’acharnement contre la « fraude sociale » du ministère du Budget.

Au stade judiciaire, dès l’enquête préliminaire ou « de flagrance », impossible d’y opposer le secret professionnel (cela depuis la loi « Perben 2 » de mars 2004). Avocats ou journalistes sont parvenu à s’exclure de cette disposition, pas les travailleurs sociaux… On peut rester silencieux, mais impossible de s’opposer à la saisie de documents écrits. Le « refus de réponse », dans ce cas, peut leur coûter 3750 euros d’amende!

« Bientôt, tout sera réglé », disent les moins optimistes, « les fichiers des organismes sociaux seront tous interconnectés ». Le collectif anti-délation de l’Isère (CUAD 38) a levé le voilé en octobre sur l’usage sournois qui pourrait être fait de la base IODAS, fichant tous les foyers du département étant en relation avec un organisme d’aide sociale. Près de Nice l’an dernier, un éducateur a été licencié « pour faite grave » pour avoir refusé, en le disant tout haut, d’utiliser un logiciel similaire. Robotiser l’action sociale, voilà « la » solution radicale pour étrangler ce truc désuet qu’est le secret professionnel…

Article paru dans Siné Hebdo, 22 avril 2009.

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Papy Mouzeot 01/01/2011 23:08



… En droite ligne avec la politique d’acharnement contre la « fraude
sociale » du ministère du Budget...


Ah bon, c'est y pas un comble ça ? Des escrocs qui seraient contre la fraude sociale. C'est l'hôpital qui se fout de la charité, donc comme on dit "charité bien
ordonnée commence par soi-même". Faudrait p'têt qu'ils commencent par épurer leur milieu mafieux ce qui permettrait de lutter efficacement contre une fraude beaucoup plus importante et
"trébuchante".


Se posent-ils d'abord la question du "pourquoi certains citoyens en viennent-ils à frauder" ?


N'ayant aucun scrupule je ne vois pas en quoi le pouvoir se sentirait responsable.


 


Quant à robotiser l'action sociale on se demande s'ils ne puisent pas tous leur inspiration voire leurs idéaux dans les romans d'Orwell ou bien dans Mein Kampf...



 


J'en viens à me demander si pour faire de la politique il n'est pas nécessaire de vendre son âme au diable,  tellement ces êtres du paraître sont totalement
déshumanisés et dédaigneux envers le peuple.


 


Le Papy n'a pas besoin de tous ces bidules électroniques, une bonne hache bien aiguisée fera parfaitement l'affaire !


 


 


Amitiés fraternelles du Papy Mouzeot



modérateur 01/01/2011 23:31



une bonne hache bien aiguisée fera parfaitement l'affaire
!"


Papy Mouzeot en Père Duchesne ?


"Si tu veux être heureux, nom de Dieu,
Pends ton propriétaire
Si tu veux être heureux, nom de Dieu,
Pends ton propriétaire
Coupe les curés en deux, nom de Dieu,
Fous les églises par terre, sang Dieu!
Et l'bon Dieu dans la merde, nom de Dieu,
Et l'bon Dieu dans la me-e-e-rde!

Peuple trop oublieux, nom de Dieu,
Si jamais tu te lèves
Peuple trop oublieux, nom de Dieu,
Si jamais tu te lèves
Ne sois pas généreux, nom de Dieu,
Patrons, bourgeois et prêtres, sang Dieu!
Méritent la lanterne, nom de Dieu
Méritent la lante-er-er-ne!"
"Pour ce qui est de la fraude, qu'est-ce qui a provoqué la magnifique crise de 2008 ?
une gigantesque fraude mondiale : banquiers, financiers, prêteurs, emprunteurs,
marchands de biens immobiers, tous fraudeurs, tous délinquants.



Nom de dieu !




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marielle 30/12/2010 15:46



Les grands principes du PS ( qui n'est plus de gauche) : justice sociale , démocratie, droits de l'homme , lutte contre la pauvreté , etc sont contredits par des pratiques imposées aux
travailleurs sociaux par nos conseillers généraux ( généreux!) qui votent au nom de leur appartenance politique sans plus se poser de questions: tous pour un et un pour tous! de peur de perdre
leur place.Des marionnettes ils  sont devenus! 


Le traitement des informations préoccupantes est une démonstration assez significative du flicage, du contrôle, du quadrillage de toute une population dite à risques, mais pour qui? qu'imposent
 nos dirigeants socialistes du département du Nord 


"Ces penseurs éclairés" bien payés pour protèger la population d'individus considérés "potentiellement dangereux" mettent en place des guides de bonnes pratiques pour soi disant faciliter le
travail social qui se réduit de plus en plus à de la gestion de dossiers plus qu'à de l'écoute et de l'aide et se préserver ainsi de sanctions pénales. Cette obsession du pénal conduit à
"partager des secrets" et à diluer les responsabilités.


Le travail social devient une imposture et un alibi pour mettre la population au pas! A se demander pourquoi on forme encore des assistantes sociales et des éducateurs!


Malheureusement les travailleurs sociaux participent de plus en plus à ce "lynchage" vis à vis de toute une population en très grande difficulté.


La resistance des travailleurs sociaux n'est plus assez importante ( ceux et celles qui s'y opoosent le payent cher!) pour inverser la tendance . Il y a une sorte de faciilté à obeir, d'ailleurs
le fonctionnaire n'est-il pas tenu à cette obligation au risque de.. ? 


Nos dirigeants politiques se drapent de leurs fonctions pour imposer leur ordre , pour placer leurs favoris et favorites , leur aficionados , leurs filles, leus fils, leur cousins et cousines etc
redevables bien entendu qui n'ont plus quà s'exécuter!


Nous sommes dans une nouvelle forme de dictature : celle de penser comme nos dirigeants dont les idéaux sont pervertis par la course au pouvoir , par leur ego démesuré....


Les discussions sont impossibles et la parole  est confisquée.


Mais chut c'est un secret que je voudrais partager !



modérateur 30/12/2010 17:54



on va les partager les secrets



Tourtaux 28/12/2010 18:39



Je le pique!



modérateur 28/12/2010 18:51



c'est déjà du piqué, ça appartient à Siné Hebdo