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Blog révolu CGT-révolue du Département du Nord

Sarkozy à Lille le 12 janvier : une seule réponse, l'administration-morte

10 Janvier 2012 , Rédigé par TNT Publié dans #cgt59

 

Le 12 janvier, Sarkozy vient à Lille dans le cadre de sa tournée de voeux  pré-électorale. On connaît les déplacements du Président de la République actuel, périmètre de sécurité d'au moins un kilomètre autour de ses points de chute, contrôles, forces de police transformées en armée d'occupation, snippers, interdiction de regarder aux fenêtres, interdiction de stationner....

 

Nicolas Sarkozy dont les méfaits contre le Service Public, les fonctionnaires et les Collectivités territoriales ne sont plus à démontrer, n'est pas le bienvenu pour la Cgt 59 qui a demandé à Monsieur Patrick Kanner, le 6 janvier dernier, d'organiser une journée administration-morte des services départementaux (cf. Lettre ouverte ci-jointe)

 

Un collectif  des syndicats CGT du Conseil Général du Nord, de LMCU, de la Ville de Lille, de la Ville de Roubaix et du CHR portent la même revendication auprès des employeurs socialistes de notre Département.

 

Si nous ne sommes pas entendus, nous invitons les agents lillois du site Delory à poser congés le jeudi 12 matin afin de ne pas subir les désagréments d'une ville assiégée.

 

le Pdf de la lettre sera mis en ligne dans la soirée (problème technique)

 

 

Lettre ouverte à Monsieur Patrick Kanner

Président du Conseil Général du Nord 

 

Monsieur le Président,

 

Le 12 janvier prochain, Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République, viendra à Lille pour présenter ses voeux aux fonctionnaires et aux acteurs de la réforme de l'Etat.

 

Lille n'est qu'une étape parmi d'autres dans la tournée présidentielle entamée à Metz dès le 1er janvier. Mais quelle étape ! C'est dans les murs de notre ville, que le Président de la République a tenu ses premiers voeux décentralisés et lancé en 2008 la Révision Générale des Politiques Publiques caractérisée par le non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Mesure qui, vous le savez, a conduit en trois ans, à  la suppression de 150 000 postes dans la Fonction Publique d'Etat.

 

Le Président de la République et l'UMP, qui s'interrogent désormais sur le « périmètre d'un Etat moderne », pensent « que les collectivités territoriales ne pourront pas s'exonérer de l'effort d'appliquer la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux ». C'est d'ailleurs en ce sens  que Monsieur Jean-René Lecerf, Chef de l'opposition au Conseil Général,  est intervenu lors du vote du Budget départemental.

 

Au-delà des désaccords politiques et idéologiques, l'efficacité de cette mesure est d'ores et déjà contestée par la Cour des Comptes qui juge son bilan budgétaire peu probant. Les fonctionnaires et les usagers en subissent par contre les effets quotidiens, c'est la société entière qui en pâtit.

 

Dans son programme électoral de 2012, l' UMP - dont Nicolas Sarkozy sera assurément le candidat - annonce son intention de diminuer de 2 milliards d’euros par an (10 milliards en 5 ans), les dotations aux Collectivités locales. Voilà de nombreuses années que, sans le reconnaître, le Gouvernement pilonne les collectivités locales à travers une baisse des dotations de l’Etat et une non-compensation des transferts de charges. Désormais, la droite assume : après avoir affaibli les Services publics nationaux, le Président veut affaiblir les Services locaux. Nouvelle promesse d'injustice sociale qui se traduira par la remise en cause des politiques en faveur des plus démunis et de la politique d'aménagement solidaire des territoires. Ce choix de l’ UMP est aussi une promesse d’échec économique. Vous le savez, les collectivités locales, qui ne participent qu'à hauteur de 10 % de la dette publique, assurent aujourd’hui 75% de l’investissement public en France. Les asphyxier, c’est assécher les carnets de commandes des PME et donc l’emploi des Français.

 

A Metz, le 1er janvier dernier, Monsieur Nicolas Sarkozy a déclaré « Les Français, ont confiance dans leur administration, ils connaissent la compétence et l'honnêteté des fonctionnaires".  Les Français certainement, mais pas le Président de la République qui réduit nos effectifs, appauvrit nos Ministères et nos collectivités locales, gèle nos rémunérations, allonge nos temps de cotisation,  taxe nos arrêts maladie, détruit l'Hôpital public, etc.

 

 

Fonctionnaires bien mal traités sous son mandat présidentiel car exposés depuis cinq ans, à la vindicte générale comme nantis, planqués et fainéants.

 

C'est ce Président de la République, qui en 2009, « plaisante » sur le bouleversement des habitudes des fonctionnaires et assimilés du nouveau Pôle Emploi, sur le « changement de métier,  le changement de locaux de fonctionnaires qui aimaient leur petit bureau, leur petite affiche de la  Polynésie pour rêver, ou leur orchidée qu'on soigne au bureau ».

 

C'est ce Président de la République qui « pense aux ouvriers, avant les fonctionnaires » protégés du chômage par leur Statut. Protection qu'il supprime en 2010,  à l'occasion de la Loi sur la mobilité  qui déguise le licenciement en mise en disponibilité sans traitement pour cause de suppression de poste !

 

C'est ce Président de la République qui n'a rien « contre les fonctionnaires, ils font du bon travail (…) mais est-ce que vous pensez que l'avenir c'est uniquement des fonctionnaires ? Qui va les payer ? Ils sont payés avec vos impôts, avec vos charges » mais qui faisait campagne en 2005 en déclarant « je n'aime pas la façon dont on parle des fonctionnaires dans ce pays, chercher à opposer les salariés du privé et du public est indigne (…). »

 

Ce Président de la République qui n'a « pas été élu pour faire la réforme des retraites », qui serait « le Président du pouvoir d'achat », qui devait « atteindre en cinq ans le plein emploi, soit moins de 5 % de chômage », selon lequel « l'investissement dans la santé serait majeur », qui améliorerait « les conditions de travail des personnels de la santé » (10 000 suppressions d'emplois en 2009), qui veillerait à « répartir les profits des entreprises en trois tiers : salariés, actionnaires, investissements » : baisse continue de la part salariale, casse des retraites et de la sécurité sociale, autant de salaire différé qui n'est plus servi aux salariés.

 

Ce Président de la République, le syndicat CGT du Conseil Général n'en a jamais voulu, cinq ans après moins que jamais.

 

Nous vous demandons, Monsieur le Président,  d'accueillir dans notre Département, le « Président des Riches » au bilan économique catastrophique, ennemi des libertés individuelles, hostile aux migrants, « (...)servile avec les puissants, fort avec les faibles » par :

 

- une journée « portes fermées », « administration-morte » !

 

symbolisant simultanément la colère des élus de la majorité départementale, celle des fonctionnaires départementaux mais aussi préfigurant l’avenir du Service Public dévoré par les appétits capitalistes : administrations aux portes closes, services publics a minima, c'est le projet de ce Gouvernement, c'est l'oeuvre de ce Président.

 

Nous avons conscience des difficultés réglementaires, des obligations qui incombent aux élus et a fortiori au Président du Conseil Général. Mettre en place une journée administration-morte n’est pas aisé mais nous pensons également qu'un programme en grande partie réalisé de destruction « méthodique du programme du Conseil National de la Résistante » exige des réponses proportionnées.  Résistons ensemble !

 

Nous vous adressons, Monsieur le Président, nos salutations respectueuses.

 

La Secrétaire Générale

 

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Tourtaux 10/01/2012 21:29


Merci camarade moderateur de tes précisions pour moi qui ne suis pas un salarié du CG 59.

Tourtaux 10/01/2012 18:59













Je viens de recevoir aussi un courrier d'autres camarades de Lille et des environs dont votre syndicat est signataire, je le publie de suite.
 

















La CGT des personnels du Conseil Général du Nord


La CGT du SDIS 59


La CGT des municipaux Lillois


La CGT Lille Métropole


La CGT de l’EPDSAE


La CGT CHRU


La CGT des municipaux de Roubaix




 


 










 











modérateur 10/01/2012 20:47



merci Jacques, en fait, chaque syndicat composant le collectif a porté sa propre demande auprès de son employeur et ensuite le collectif Territorial/santé porte une requête commune auprès des
mêmes employeurs - tous socialistes (le CHR c'est différent) et tous invoquant la politique sarkozyste et le régime de rigueur pour justifier le refus d'accéder à nos revendications en termes de
rémunération et d'embauche.



Tourtaux 10/01/2012 11:40


Quel grand malheur pour Lille et toute sa région, que ce sinistre et indésirable individu, puisse venir fouler le sol nordiste!

modérateur 10/01/2012 18:58



Quelle calamité pour tous ceux qui doivent circuler dans le quartier ! une vraie prise d'otages :-))