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Blog révolu CGT-révolue du Département du Nord

Syndicalisme : "des militants pas déconnectés du monde du travail"

11 Avril 2012 , Rédigé par TriNiTy

Pour info. et  en notant au passage que si le courant syndicaliste révolutionnaire de la CGT a le mérite de ne pas se taire là où une majorité de militants détournent encore et toujours le regard -  pour ne pas désespérer Billancourt. Ce courant continue à penser en termes de délégation de pouvoir, délégation large et démocratique bien évidemment, mais peut-être que cette représentation et cette délégation de pouvoir sont  encore et toujours le principal écueil de nos organisations ouvrières ?

 

 

Mercredi 11 avril 2012

 

A l’attention des syndicats de la CGT

La préparation du 50ème congrès confédéral est engagée. Le processus est d’ores et déjà marqué par une crise focalisée sur le choix du prochain secrétaire général confédéral. Selon nous, cette crise est symptomatique de l’état de l’organisation, de ses dysfonctionnements.

Les syndicats de la CGT doivent s’emparer de ce débat car le choix du prochain secrétaire général de la Confédération ne se limite pas à élire un porte parole. Ce qui est en jeu, c’est non seulement le choix de la stratégie de la CGT mais aussi son fonctionnement démocratique.

Contribution du Courant Syndicaliste Révolutionnaire de la CGT
Une crise qui a des racines profondes.

Les structures de la CGT se trouvent dans une situation difficile où il faut choisir, dans la précipitation, une nouvelle équipe de responsables. Cette difficulté est le produit d’une profonde dérive. Rappel des faits : l’actuel secrétaire général confédéral a donné l’impression, durant des mois, de vouloir être reconduit à son mandat. La proposition n’a finalement pas été validée, le poste de secrétaire général de la CGT est alors apparu subitement vacant.

Depuis deux mois, les structures de la CGT se focalisent donc sur une attente surréaliste : le choix par l’actuel secrétaire général de son « successeur ». Une nouvelle fois, les syndicats de la CGT vont accepter de se voir imposer un choix biaisé, selon un schéma de cooptation en complète contradiction avec les statuts de la CGT. Quelles que soient les qualités des candidats annoncés, ce fonctionnement anti-démocratique ne peut durer plus longtemps.

En effet, ces dernières années, notre confédération a connu une dérive, marquée par le renforcement du pouvoir individuel dans les prises de décisions. Appliquée au plus haut niveau, ce « management »s’est ensuite diffusé dans de nombreuses structures. L’impact est tel que certains responsables semblent désormais se considérer comme propriétaires de leur structure syndicale, choisissant leur successeur, gérant les dossiers avec des « consultants »non élus, s’accompagnant d’adjoints souriants et dociles… Dérive telle, que lorsque TF1 utilise le terme de « patron »pour désigner certains responsables CGT, ce n’est malheureusement plus une métaphore. Aurait-on oublié que la CGT s’est créée pour combattre le patronat et amener sa disparition ?

Le choix des futurs CE, Bureau et secrétaire confédéraux doit être mené en respect des règles de fonctionnement de la CGT, dont le fédéralisme (article 21 des statuts confédéraux).

Des responsables expérimentés pour impulser l’action.

C’est le rôle des syndicats de définir les critères qui doivent servir à désigner les prochains responsables confédéraux. Ces critères doivent redevenir ceux qui assuraient l’efficacité de la CGT à l’époque des grandes conquêtes sociales : 

des militants ayant eu une véritable activité professionnelle ;

des militants exerçant une activité syndicale réelle sur le terrain et ayant obtenu des résultats ;

des militants indépendants des réseaux de la bourgeoisie (franc maçonnerie, clubs de réflexion, associations caritatives,…).


Car il faut également prendre conscience des faiblesses de la confédération. L’objectif du million de syndiqués n’a pas été atteint, et ce malgré l’audience et la popularité de notre organisation. Cet échec s’explique donc par des raisons internes.

Ce qui manque de plus en plus dans nos rangs, c’est du savoir-faire. Ce savoir-faire ne peut émerger de réunions de travail, fonctionnant avec des « spécialistes », le plus souvent en huis clos. Notre intelligence ne peut être que le produit d’un processus collectif, fertilisé par une implantation réelle dans le salariat. Si nous voulons que les responsables syndicaux impulsent l’action et la réflexion, il faut que ces responsables ne soient pas déconnectés de la vie syndicale de terrain et du monde du travail.

Or beaucoup de structures CGT semblent vouloir nier le fait que le salariat a été totalement transformé ces dernières décennies. Si nous voulons adapter la CGT à la réalité sociale, si nous voulons l’implanter dans les entreprises et dans les quartiers, il faut donc confier les responsabilités à des militants imprégnés de cette réalité. 

C’est le bilan que nous tirons de la nouvelle loi sur la représentativité, issue des « réflexions » des « spécialistes » confédéraux. Ces réflexions de la technostructure ont donné naissance à un droit syndical qui a fragilisé les campagnes d’implantation de la CGT dans les PME. Le droit syndical a été pensé selon le modèle électoral qui règne dans la fonction publique, selon les règles de la « démocratie » parlementaire.

Oui, mais voilà, les PME ce n’est pas la démocratie parlementaire, c’est la répression antisyndicale, le paternalisme et le harcèlement moral. Les nouvelles sections CGT s’y retrouvent donc fragilisées, sans DS et sans représentativité jusqu’aux prochaines échéances électorales. 

C’est ce qui nous fait dire que la stratégie confédérale et l’impulsion de l’action doivent être menées par des militants en osmose avec le salariat et avec les syndicats CGT. 

C’est donc aux syndicats de s’emparer de cette question fondamentale et de mandater leur délégué au prochain congrès confédéral. Les futurs membres de la CE confédérale doivent correspondre à ces critères d’efficacité. 

Le débat fraternel et démocratique comme impulsion confédérale 

L’actuel secrétaire général de la CGT se positionne comme le garant du conservatisme d’appareil. Le retranchement derrière un discours politiquement correct sert de justification à un repli frileux sur l’appareil. Les belles résolutions votées lors des derniers congrès confédéraux n’ont pas été suivis d’effet. Les décisions concernant la syndicalisation des salariés du privé, des jeunes et des précaires n’ont pas été matérialisées par une impulsion confédérale. Cela est vrai pour la restructuration des syndicats en direction de ce salariat majoritaire (syndicats de site, professionnels,…), la relance des Unions Locales ou encore la campagne de syndicalisation dans les TPE. Ces dossiers fondamentaux sont marginalisés. 

Dans les bureaux de Montreuil, la priorité semble ailleurs : le secrétaire général veut imposer dans la précipitation une successeure. Nous rappelons qu’il n’a aucune légitimité pour le faire. Ce camarade n’a pas plus de droit que tout autre adhérent de la CGT. S’il veut exprimer des choix personnels c’est dans le cadre de son assemblée générale de syndicat qu’il peut le faire.

Tout comme les autres responsables de la Confédération, il n’est pas propriétaire de son mandat et ne peut déposséder les syndicats du choix de désigner leurs représentants. 

Cette crise, limitée pour l'instant au cénacle de l'appareil confédéral, pourrait ouvrir une crise plus large, de nature à porter atteinte à l'unité de l'organisation. Une telle crise engagerait la responsabilité de ceux qui en sont à l'origine.

En fait, la direction actuelle ne mesure pas les attentes et les changements qui sont appelés par les militants en ce qui concerne le fonctionnement et les prises de décisions. L'idée d'une CGT dirigée par le
haut est en contradiction avec les attentes des syndiqués. Elle est édifiante de la perte du sens des réalités.

Les syndicats de la CGT doivent donc s’emparer du débat et s’engager dès à présent dans la préparation de leur 50ème congrès confédéral.

 

 Source : FSC

article repris sur : http://jacques.tourtaux.over-blog.com

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Tourtaux 13/04/2012 09:23


Je suis d'accord avec ton point de vue évitant toute effusion de sang, hélas, en France, on ne verra jamais ce cas de figure. C'est une autre Histoire.


Depuis que j'ai quitté le PCF, il y a plus de 13 ans, je n'ai jamais repris de carte nulle part mais je reste d'une fidélité constante à mon idéal. Toutes ces années passées hors de toute
appartenance politique, me permettent, avec le recul des ans, de mieux appréhender ce qui préoccupe les travailleurs, disons le Prolétariat. J'insiste sur ce mot parce qu'il il y a des gens qui
s'imaginent que leur position, leur rang dans la société, leur donne le "privilège" de se labelliser, de se considérer, de s'affubler du titre ridicule de "classe moyenne". Cette expression
bourgeoise ne sert que la classe capitaliste, notre pire ennemie.


Si je maintiens mon boycott de la mascarade des présidentielles, c'est parce qu'aucun candidat ne se bat sur des positions de classe, ne propose l'éradication du capitalisme contre lequel la CGT
est censée se battre. Ne nous est proposée qu'une alternance entre la droite dure, style Sarkozy et la droite molle, représentée par le PS qui n'est autre que l'aile gauche de la droite, que le
FDG va rejoindre au second tour après avoir berné ses électeurs.


Depuis des décennies, je milite à la CGT. Je n'approuve pas cette campagne "langue de bois" de nos dirigeants syndicaux, relayée dans les UD et nombre de nos syndicats. Pendant que nos camarades
se défoncent pour Mélenchon  ou Hollande, selon leur sensibilité politique, ils ne sont pas à l'écoute des travailleurs ni armés pour les luttes que le MEDEF et ses larbins du gouvernement
nous imposent tant la discrimination anti syndicale et les licenciements et autres mesures de rétortion à l'égard du monde du travail, sont présentes.


Il est aussi un autre aspect qu'il ne m'est pas possible de taire. Pourquoi nos dirigeants syndicaux favorisent-ils notamment un candidat dont on connait pourtant les antécédents qui ne plaident
pas en sa faveur?


Viendrait-il à l'idée de nos dirigeants qui soignent surtout leur égo et préparent leurs entrèes dans les futurs ministères de la gouvernance socialiste à venir, songent-ils un instant, que la
CGT est plurielle, qu'en son sein militent des camarades qui ont une autre préférence que celle pour laquelle se contortionnent nos leaders, à tous les échelons. Quel mépris de la part de tels
leaders à l'encontre de camarades qui luttent au quotidien et vont voter pour une autre candidature de gauche et qu'il y a au moins un autre candidat connu pour son militantisme au sein de la
CGT.


Me concernant, pas de problèmes d'états d'âmes, je ne choisis pas entre la peste et le choléra. Je considère que j'agis en qualité de Militant CGT responsable de mes actes et je n'ai pas à en
rougir.


Jacques Tourtaux


Militant cheminot retraité CGT


 

Tourtaux 12/04/2012 22:04


Je savais qu'il n'y aurait pas de débat. Gare au réveil de l'après 6 mai.


LA REVOLUTION NE SE FERA JAMAIS PAR LES URNES MAIS DANS LA RUE LA OU EST LA PLACE DU PROLETARIAT.

TriNiTy 12/04/2012 23:14



je n'y crois pas et la révolution c'est du malheur encore et toujours, je crois à la résistance passive, à la désobéissance collective, aux manifestations pacifiques,  à l'inertie négative
des multitudes mais aussi à leur créativité.....mais dans un autre univers et un autre espace-temps.



Tourtaux 11/04/2012 20:40


J'ai vu mais le but de ma question, c'est de lancer le débat, si débat il y a. A propos de débat, je viens de répondre en deux commentaires à un mélenchoniste qui commence visiblement à
s'énerver. Il voit des aboiements où il n'y en a pas puisque le débat a lieu sur un autre site que le sien où il critiquait allègrement les non mélenchonistes qui ne sont pas capables de
débattre sereinement. Il vient de publier sur son blog où mes commentaires sont rejetés comme sur un autre blog de cette famille mélenchoniste. Le titre de son article parle d'aboiement,
pour rameuter sa meute de loups garous. Alors, je me marre, parce que sur l'autre blog, je débats très calmement bien que je sois le seul ouvrier à participer au débat mais Jacques, le Sanglier
Rouge, qui n'est pas un débutant en politique NON politicienne et en syndicalisme de combat, ne craint pas ceux qui vont débattre sur son blog et qui sont tous des communistes pro
Mélenchon.


 

TriNity 12/04/2012 21:08



il n'y aura pas de débat :) faute de débatteurs



Tourtaux 11/04/2012 19:38


Bonsoir camarade TriNiTy. Pour rester connectés et faire bouger un peu les lignes. QUELLE EST TON OPINION SUR CE TEXTE QUI MERITE AUTRE CHOSE QUE LA MELENCHONITE SAOULANTE QUE COLPORTE NOMBRE DE
NOS SYNDICALISTES CGT MOBILISES POUR DIEU LE PERE ALORS QU'IL Y A LE FEU AU LAC POUR NOS CONQUETES SOCIALES QUI FOUTENT TOUTES LE CAMP?  LA PLACE DES MILITANTS SYNDICAUX CGT EST DE MON
MODESTE POINT DE VUE, D'ETRE A LEUR POSTE DE COMBAT SYNDICAL.

TriNiTy 11/04/2012 19:56



mon opinion et celle de certains de mes camarades est en-tête du texte du FSC