20 NOVEMBRE 2007
TOUTES ET TOUS EN GREVE
Manifestation régionale :
14 heures, Porte de Paris – Lille
Salaires – Statut – effectifs – retraite - conditions de travail :
Mobilisons-nous maintenant !
Gouvernement UMP : demandez le programme
Denis Kessler, numéro 2 du MEDEF (ex CNPF : syndicat des patrons),membre de l'UMP, a déclaré dans le magazine économique
«Challenge» du 4 octobre 07 : «La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952 sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de défaire
méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance...création des caisses de sécurité sociale, conventionnement du marché du travail, représentativité syndicale, régime des
retraites, statut de la Fonction publique»...
Salaires, carrières :
Depuis 2000, la baisse du pouvoir d’achat des fonctionnaires a dépassé les 6%.
Les politiques gouvernementales en matière de rémunération ont conduit à un tassement de l’ensemble des grilles de
rémunération.
En 1986, un agent de catégorie C au premier échelon démarrait sa carrière 15% au-dessus du SMIC. Aujourd’hui, sa
rémunération est équivalente au SMIC.
Cette dégradation se confirme pour l’ensemble des catégories :
un agent de catégorie B au dernier échelon du 1er grade percevait en 1985 une rémunération supérieure à 95% du SMIC,
aujourd'hui elle n'est plus que de 66%;
un cadre A percevait en 1985, au premier échelon une rémunération de plus de 65% par rapport au SMIC, aujourd’hui elle
n’est plus que de + 25%.
Dans le même temps, les prix des produits de consommation courante flambent : pain +16,6%, fruits +31%, loyer + 3,5%,
carburant + 52,4%. Ces dépenses incompressibles absorbent en moyenne 45% du budget des ménages, voire 75% de celui des plus modestes.
Pour mesurer l’augmentation du pouvoir d’achat des fonctionnaires, le gouvernement propose d’inclure dans ce calcul le
régime indemnitaire, le glissement vieillesse technicité GVT (avancement de grade et d’échelon) voire les heures supplémentaires et l’action sociale.
C'est un marché de dupes.
Nos sociétés sont riches et productives : de l'argent, il y en a
Le gouvernement et les parlementaires de la majorité ont su trouver 15 milliards d’euros pour les mesures fiscales votées
cet été :
ce sont 20% des foyers les plus riches qui profiteront de 70% du paquet fiscal.
De même, 100 millions d’euros ont été dégagés pour tripler le budget de l’Elysée et Sarkozy, l'autocrate, a puisé dans les
caisses du pays pour s'accorder plus de 170% d'augmentation.
Dans la tradition de la droite française, avide et cupide Lagardère et les «initiés» d'EADS sont venus chercher des
millions dans nos poches – par l'intermédiaire de la Caisse des dépôts et consignations – tout en exigeant 10 000 licenciements chez EADS en France et en Allemagne : voici les
privilégiés, les profiteurs, les voleurs, voilà l'iniquité réelle.
En 2006, les revenus des patrons français ont encore explosé avec, pour les 50 mieux payés, un revenu moyen de 3,8
millions d’euros pour l’année : l'équivalent de 316 années du salaire d'un agent territorial de catégorie C au 1er niveau - 12 millions d'euros pour le PDG de Renault...
ATTENTION : LIQUIDATION DU STATUT
L'évolution du statut de la fonction publique française ne peut être dissociée des choix et des coups de force menés au
niveau européen.
Le gouvernement de l'Union européenne va ratifier le 13 décembre prochain, à Lisbonne prochain, un traité modifiant les
traités européens existants. Ce traité permettra notamment de lisser rapidement les spécificités des services publics européens.
L'omnipotent Sarkozy, le Danube de la pensée française, liquidera donc dans un futur proche, la Fonction publique à la
française en accord avec la conception européenne des services d'intérêts généraux (SIG) : réduction des effectifs, des budgets et des moyens, vente du patrimoine public, privatisations,
externalisations des missions publiques, embauche à la tête du client de contractuels, relégation des lauréats de concours, carrière au mérite,copinage et népotisme accru....avec à très moyen
terme, la disparition de la sécurité de l'emploi.
En d'autres termes des secteurs entiers de notre Fonction publique et de nos missions susceptibles de profits vont être
vendus et bradés à l'encan aux entreprises dont les PDG sont les copains des membres du gouvernement : l'éducation, la formation, la santé, certaines prestations sociales. Resteront les missions
non rentables qui ne seront plus longtemps assurées, la police pour mater le populo et une administration publique aux ordres des élus nationaux et locaux, choisie, triée, sur des critères autres
que l'égalité d'accès (concours). Cette fonction publique «d'avenir» ne garantira plus aux usagers l'égalité de traitement sur l'ensemble du territoire national, la gratuité d'accès,la neutralité
ni le secret professionnel. Ce nouveau traité européen doit être ratifié par l'Assemblée nationale et le Sénat puis les deux chambres réunies en congrès début décembre afin de modifier
notre constitution. C'est un déni de démocratie. C'est le vol de notre souveraineté. Le peuple français avait voté majoritairement «Non» contre le projet de traité
constitutionnel européen le 29 mai 2005. C'est la revanche des hommes de pouvoir, des élus professionnels, contre un peuple : la droite n'est pas seule à se réjouir de cette mise au pas des
citoyens français.
Retraites et équité : les régimes spéciaux des députés et sénateurs, des
policiers, des huissiers,etc sont exclus du souci d'équité de nos gouvernants. Quant à nous indigner, ne nous trompons pas de cible : l'attaque des régimes spéciaux (gaziers, sncf, ratp...) est
une étape sur la réforme programmée des droits des fonctionnaires en matière de retraite (réforme en 2008). Sans solidarité et sans luttes, nous irons vers un nouvel allongement de la durée de
cotisation et une baisse des pensions allouées.
FILLON a annoncé «la rupture». La rupture, c'est pour tous les citoyens usagers et fonctionnaires moins d'Etat, c'est à
dire, moins de fonctionnaires («d'instits», de «profs», d'internes, d'infirmières, de pompiers, d'assistantes sociales, de médecins de PMI...), moins de services publics, moins de protection
sociale, moins d'hôpitaux publics, moins de bureaux de postes, des moyens réduits pour les établissements scolaires publics, la vente des universités aux investisseurs privés.
Le Gouvernement entend liquider nos acquis et briser nos solidarités de groupe : la riposte unitaire s'impose sur le seul
terrain possible : celui de la lutte sociale comme en 2006 contre le CPE, pour s'unir et gagner.
LA DEFAITE DES UNS, SERA LA DEFAITE DE TOUS - SOYONS UNIS