Sur fond de régression sociale :
les partenaires sociaux cogèrent
Six syndicats (dont le mien mais pas moi, mais pas mes copains) sur huit ont accepté de signer un accord qualifié d'historique
par le Ministre du Budget et de la Fonction Publique. Si les porte-flingues de Sarkoland et du capitalisme qualifient d'historique un accord avec les syndicats...tout est déjà dit, nous savons
que nous sommes trahis.
Il ne faut pas rester sur des impressions. Cet accord sur le dialogue social dans la Fonction Publique intervient au moment où
le pire gouvernement que nous ayons subi depuis longtemps déclare « sans complexes » vouloir mettre à mort le Service public à la française. Pour cela, il a ses armes-outils aux
conséquences quasi-mécaniques : la Révision générale des politiques publiques (RGPP) , la LOLF, les lois de modernisation, la suppression de milliers de postes de fonctionnaires, le plan
« hôpitaux publics », la remise en cause du droit de grève. En contrepartie de leur signature, les appareils syndicaux - à ne surtout pas confondre avec les militants – ramassent
quelques rogatons (abrogation du décret Perben, représentativité basée sur l'élection (qui existe déjà pour la Territoriale) et se préparent, pour la survie des appareils, à co-gérer notre
disparition annoncée. A cela, s'ajoutent les rapports Pochard (qui explose le statut des enseignants) et Silicani. Avec l'éclatement de la négociation à plusieurs niveaux y compris sur le statut
et les rémunérations...vous obtenez dans la Fonction Publique l'équivalent des accords d'entreprise en-deçà de la convention collective.
Un second texte (disjoint et non signé par les organisations syndicales), portant sur le paritarisme, précise
quant à lui que les mutations et affectations ne seront plus l’objet d’un contrôle paritaire dans les CAP.
Chérèque et Thibault avaient déjà fait le même coup aux salariés du privé, le 9 avril dernier en signant avec le patronat (MEDEF et CGPME) une
« position commune » sur la représentativité syndicale. Accord dont l'article 17 prévoit qu'à titre expérimental, entreprise par entreprise, il peut être dérogé aux 35 heures. Grâce à
cet article, la seule limite hebdomadaire devient de fait les 48 heures et bientôt 65 européennes. Les directions syndicales ont eu immédiatement la preuve - puisqu'il leur en fallait-une - que
la stratégie de la concession facile au patronat se traduit toujours par une défaite des salariés. Ce que n'a pas manqué de souligner le Secrétaire du PS, pointant
l'inconséquence et des uns et des autres : les syndicalistes pour avoir capitulé avant la bataille, Sarkozy pour son incapacité à tirer tranquillement profit d'une indulgence syndicale qu'aucun
gouvernement y compris de « gauche » n'aurait osé rêver.
Alors, faut-il se mobiliser le 17 juin pour les « retraites solidaires », revendication qui en soi ne veut pas dire grand'chose. Oui,
il faut se mobiliser, mais pas pour Thibault, pas pour Chérèque, pas pour les autres syndicats signataires, pas pour les appareils, pour nous-mêmes, pour nos retraites, pour nos parents
retraités, pour nos familles, pour nos enfants.
Transformons l'impensable social (allongement de la durée de cotisation, baisse des pensions, disparition de la retraite par répartition) en
impossible politique.
Déblayons le terrain et ré - approprions-nous les combats
et la manière de les mener
Les militants cégétistes du Conseil Général seront en grève
et vous attendent à leurs côtés
le 17 juin 2008
Manifestation régionale 14 h 30
Porte de Paris