multitudes versus ideologie

Mardi 11 novembre 2008 2 11 11 2008 21:06
Au Conseil Général du Nord, le 11 novembre est couplé à une RTT obligatoire le lundi 10. Ca nous a fait un long week-end studieux et militant.

Il a fallu 9  millions de morts - 6000 morts par jour - et 8 millions d'invalides pour que le 11 novembre devienne un jour férié pardon de commémoration. Et on commémore quoi au juste ?  le patriotisme,  le courage, l'abnégation, la lutte pour la liberté, les morts pour la patrie,  la fin des atrocités, l'armistice ?
Les manuels d'histoire, les journalistes et les gouvernants n'insistent guère sur  les causes effectives de ce conflit : l'impérialisme prédateur, le nationalisme barbare,  les enjeux coloniaux et territoriaux, la montée économique de la Russie. Ils font carrément l'impasse sur les intérêts économiques  et financiers des capitalistes et actionnaires de France et d'Allemagne. Des millions d'hommes sont morts parce que le capitalisme les a lancés les uns contre les autres pour défendre les intérêts des classes dominantes européennes. Pendant que les pioupious crevaient les tripes à l'air dans les tranchées, les industriels produisaient et  vendaient  à prix d'or : la mort (armements, munitions), la survie (provisions, vêtements,  vinasse, ether - pour la vinasse - tabac - matériel sanitaire et médical...). Au front c'était l'enfer. Lorsque les soldats revenaient en permission, ils traversaient   les villes et voyaient les restos de luxe, les opéras, les théâtres emplis des gros salauds qui festoyaient pendant qu'ils les envoyaient se faire trouer la peau.  Les soldats disaient "on règlera cela après... ils n'ont pas pu, morts, défigurés, estropiés, gazés, épuisés, sacrifiés.

A partir des années 20, le patronat français privilégiera l'alliance avec l'Allemagne et sabotera les liens avec l'allié Russe qui avait évité la défaite en 14 : l'élite...française : hommes politiques de droite, journalistes, militaires, hommes d'affaires (Banque de France, Comité des Forges) voulaient une réforme de l'Etat sur le modèle fasciste (qu'ils obtiendront avec l'Etat français de Pétain) et un accord avec le Reich. Des preuves, des preuves, dites-vous - procurez-vous donc le livre d'Annie Lacroix-Riz  - Le choix de la défaite - chez Armand Colin.

Dans la commune de Gentioux (Creuse) a été érigé  un monument aux morts de 14-18 sur lequel figure l'inscription "Maudite soit la guerre", qu'elle le soit en effet. Mais la guerre n'est pas le fruit de conjonctures hasardeuses ou de la fatalité mais la conséquence de choix stratégiques, politiques et économiques. Nous sommes dans une période mondiale de" va-t'en guerre". Ne nous trompons pas d'adversaires : ils font la une des magazines économiques et people : maudits soient les fauteurs de guerre.



et puisque Youtube l'a supprimée - la voici chez Dailymotion : les images sont plus crues...


Chanson de "Craonne"
"Ceux qu'ont le pognon ceux là viendront, car c'est pour eux qu'on crève, mais c'est fini car les troufions, vont tous se mettre en grève, ce sera votre tour messieurs les gros, de monter sur le plateau, car si vous voulez la guerre, payez-la de votre peau !

Par Trinity
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Vendredi 20 février 2009 5 20 02 2009 21:54

Baissez ces satanés tarifs !
Écoutez votre directeur !
Quittez les réunions de médiation !
Confiez le reste à votre supérieur !
Du comité d’entreprise, plus de leçons de morale,
Nous voulons une économie libérale !
Sus aux associations – voilà notre devise !
Eh, pas vous…
Nous.

Vos poumons n’ont besoin ni de retraites,
Ni d’assurances ni de toit.
Honte sur vous tous autant que vous êtes,
Qui prenez de l’argent à notre pauvre État !
Cessez donc d'être solidaires,
Sous peine de finir solitaires…
Pas de cartels sur nos parcelles !
Pas vous.
Nous.

Nous créons jusque dans les endroits les plus reculés
Des trusts, des cartels, des entreprises, des sociétés.
Près des hauts fourneaux, de leurs flammes élevées,
Soudés en sociétés d'intérêts,
Nous dictons les prix et les contrats.
Au travers de notre route, pas une seule loi :
Nous sommes solidement organisés…
Pas vous !
Nous.


Ce que vous faites c’est du marxisme…
… eh bien, ça suffit !
Nous conquérons le pouvoir petit à petit.
Personne ne nous dérange. Les socialistes du gouvernement
Nous regardent d'un œil bienveillant.
Nous vous aurons un à un. Aux armes !
Voilà la dernière leçon d'économie.
Il n'est pas encore né, le desiderata
Qu'un professeur allemand nous refusera.
Les officiers de l’armée ancienne,
Stahlhelms et autres gardes hitlériennes,
Œuvrent dans les usines pour nos idées…

Et vous, dans vos caves, dans vos mansardes
Ne voyez-vous pas ce que l’on fait de vous ?

Avec quelle sueur les gains sont obtenus ?
Advienne ce qui adviendra.
Le jour arrive
Où l’appel du premier travailleur retentira :
« Pas vous !
Nous. Nous. Nous. »

Kurt Tucholsky (1930)


Kurt Tucholsky, né le 9 janvier 1890 à Berlin, mort le 21 décembre 1935 à Göteborg était un journaliste et écrivain allemand. Il publiait aussi sous différents pseudonymes : Kaspar Hauser, Theobald Tiger, Peter Panter et Ignaz Wrobel.

Tucholsky fut un auteur très important de la République de Weimar. Il se voyait lui-même comme critique de la société dans la tradition de Heinrich Heine. Il était aussi satiriste, auteur de cabaret et poète. Politiquement, il était démocrate de gauche, pacifiste et antimilitariste ; plus tôt que beaucoup de ses contemporains, il analysait les dangers des tendances anti-démocrates. http://fr.wikipedia.org/wiki/Kurt_Tucholsky

Par hérisson
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