Petite chronique d'un CHS ordinaire où il est question de tentatives de suicide
On ne va pas terminer à 20 heures !
Les tentatives de suicide se multiplient ces dernières années au Conseil Général du Nord. Depuis la défenestration de notre collègue J.C et la disparition du courrier d'explications qu'il avait laissé sur son bureau, sans doute emporté par le vent... les sales histoires se succèdent et la tournante des élus et des "hauts" fonctionnaires n'y fait rien.
Voici un florilège des interventions de la Vice-Présidente aux Ressources Humaines, Madame F. lors de l'examen des situations du point « tentatives d'autolyse » lors du CHS du 14 février dernier.
Madame F. après avoir refusé à l'agent ayant fait une tentative de suicide de s'exprimer en CHS, invective, pour faire bonne mesure, l'expert du syndicat SUD qui tente de protester contre une pré-enquête bidonnée :
"nous sommes sur des tentatives, ne dramatisez pas inutilement un sujet qui est déjà assez grave"
puis lassée par un dossier potentiellement accablant pour l'administration, elle demande à passer au suivant !
"Nous laissons la procédure se dérouler. Je vous propose de passer à la personne suivante"
Elle demande ensuite à l'expert Sud de sortir. Une élue CFDT intervient en faveur du maintien de la présence de l'expert SUD en rappelant qu'il est inscrit à l'ODJ sur l'ensemble du dossier. Mais la Vice-Présidente refuse. Elle a un agenda fourni, trop de mandats et des élections l'année prochaine...
"Monsieur T lui-même dans ses propos liminaires a indiqué qu'il était là pour le cas de Madame D (...). Soyons vigilants. Si nous ne voulons pas terminer à 20 heures ce soir, il nous faut avancer".
On ne va pas gaspiller du temps à essayer de comprendre pourquoi des agents tentent de se tuer sur leur lieu de travail !
Sur la situation suivante où une pré-enquête menée par l'ACFI seul, devient enquête définitive et conclut à une préconisation d'éloignement de l'agent concerné, Madame F. évacue rapidement les arguments convergents des élus du personnel qui soulignent que le message écrit laissé par l'agent établit un lien clair avec le travail et qu'il faudrait continuer l'enquête en présence d'élus CHS.
Elle refuse la poursuite de l'enquête en concluant par un«pour moi l'enquête est terminée. Il y avait trois personnes, on les a vues ». Et elle passe aux votes et c'est sans surprise, l'ensemble des organisations votent contre et l'administration vote pour. L'avis est donné favorable !
Surprenant n'est-ce-pas, ce simulacre de démocratie qui fait que 10 voix de l'administration + un Conseiller Général valent plus que 10 voix d'élus du personnel ?
Le reste du CHS est mené au pas de charge pour se terminer à 16 h 10. Il y avait de la marge avant de finir à 20 heures ! La lecture du verbatim laisse sans voix, les CHS sont présidés comme des conseils de classe : infantilisation des participants, manifestations déplacées d'autorité de la Présidente qui tranche, fait la morale et distibue parole et bons points.
Pour affecter la compassion tout en expédiant une fin de non recevoir, il faudrait du talent !
Les élus du personnel, tous syndicats confondus, sont exemplaires, d'une patience et d'une politesse remarquables. Ca doit changer ! La publicité systématique des débats* nous semble devoir y contribuer.
* dans le respect de la confidentialité.