Démission des deux médecins du travail au conseil général
Démission des deux médecins du travail au conseil général
Publié le samedi 06 août 2011 à 06h00
Depuis deux mois, le conseil général, qui compte 11 000 agents, n'a plus de médecins du travail. Les deux ont démissionné, estimant ne pas exercer dans des conditions correctes.
SIMON CAENEN > simon.caenen@nordeclair.fr
Pourquoi deux médecins ont-ils en même temps jeté l'éponge ? Les maux sont détaillés dans un rapport de quatre pages.
Premier problème : leur nombre. À deux, les praticiens suivaient... 6 400 agents. « Les déplacements sur l'ensemble du département ne permettent pas d'assurer les visites médicales périodiques, même renforcées dans les périodes fixées », regrettent les deux démissionnaires, qui ont suggéré l'embauche d'une troisième personne.
Les conditions de travail, tant pour les médecins que pour les 11 000 agents du département, semblent en effet loin d'être idylliques. « La santé d'un nombre important d'agents et de cadres est gravement mise à mal par les pratiques organisationnelles, institutionnelles, le mode de management stratégique ou de proximité, (...) et la charge de travail excessive, décrivent les médecins (que nous n'avons pas réussi à contacter) dans leur rapport. Sans oublier la maltraitance institutionnelle (retards de complément de salaire en cas d'arrêts maladie dû à un manque de moyens humains) ».
Autre point noir soulevé : le manque de compréhension avec l'administration. Les docteurs, qui rappellent leur « indépendance », pointent la « non-coopération entre médecins et administration, qui n'est pas compatible avec le bon déroulement des missions ».
« Ils n'étaient pas assez consultés », dénonce en effet Martine Vis de la CGT, qui regrette des « conditions de travail lamentables ».
De son côté, le conseil général ne nie pas le problème. Sans être pour autant alarmiste. « Les difficultés de travail sont avérées, assume Valérie Chatel, directrice générale adjointe chargée des ressources humaines. On a entamé un chantier il y a trois ans qui n'avance pas assez vite. C'est long et difficile. On était aussi dans une période de transition politique ».
« Lenteur de nos décisions »
Quant au manque de réactivité de l'administration, l'adjointe répond aussi que « les médecins ont souffert de la lenteur de nos décisions. On va améliorer cet aspect ». Pour mettre fin à ces dysfonctionnements, une étude sur la place de la médecine du travail doit être lancée. « On attend de voir... », glisse Martine Vis, qui veut des actes. Pour elle, cela commence par le recrutement de dix personnes qui intégreront les services les plus en difficulté.
L'embauche d'un médecin supplémentaire est aussi programmée. « C'est en cours, affirme le conseil général.
C'est dommage, ceux qui nous ont quittés travaillaient très bien. »w
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