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Blog révolu CGT-révolue du Département du Nord

"Il n'existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat"

4 Avril 2014 , Rédigé par TriNiTy Publié dans #anti-langue-de-bois

...a déclaré Thierry LePaon, le 20 février dernier à l'occasion d'une interview publiée dans le Nouvel Économiste. Depuis les déclarations de syndicalistes CGT, de commissions exécutives se multiplient avec à titre d'exemple, des arguments comme ceux  de l'Union départementale de Paris :

 

 

Expression de la CE de l'UD de Paris !

 

 

La Commission exécutive de l'UD de Paris a pris connaissance des déclarations de Thierry LEPAON, secrétaire général de la CGT au Nouvel économiste dans lesquelles il déclare :

 

« Il n'existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L'entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés - là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d'éternels absents - et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l'intérêt de leur communauté. Sur ce plan, il est évident que le pragmatisme syndical s'impose.

 

Cette perspective ne me gêne pas, pas plus que celle du compromis qui s'inscrit dans les réalités de l'entreprise depuis toujours : encore une fois, dès lors que nous sommes contraints de vivre ensemble, il faut bien trouver les conditions de ce vivre-ensemble. C'est pourquoi je considère que la vocation d'un syndicat ne se résume plus aujourd'hui à protéger les salariés mais consiste à agir pour faire évoluer non seulement le monde du travail mais aussi la perception qu'on en a ; à incarner une forme de régulation sociale. » Ces déclarations nous ont consternées car elles remettent en cause les fondements même de la CGT, organisation syndicale de classe et de masse, démocratique, indépendante du gouvernement et du patronat. Elles sont contraires aux orientations du 50eme congrès confédéral qui précisent :

 

1.Page 6 : «Le gouvernement a marqué dès son entrée en fonction la volonté de concertation et de négociation comme pierre angulaire de sa démarche. Il doit mener une politique claire en faveur des travailleurs-euses et non pas parier sur un soi-disant «donnant-donnant» entre syndicats et patronat qui dans les faits ne favorise que ce dernier. »

 

2.Page 7 : « Dans un contexte caractérisé par d'intenses contradictions, la CGT adopte une démarche revendicative offensive et déterminée de conquête sociale et démocratique et ancrée sur la défense des salarié-e-s dans l'antagonisme capital-travail »

 

La CGT ne saurait cheminer de façon erratique. Être désorienté avec de telles déclarations dans le Nouvel Economiste et au même moment, dans un rapport de la CE confédérale du 18 février, affirmer que "la double besogne de la Charte d'Amiens est plus que jamais d'actualité", ce qui confirme nos valeurs et repères historiques.

 

Par ailleurs, que signifie la phrase "je crains un net rejet de l'Europe" alors que travailleurs, citoyens et syndicalistes (et notamment la CGT) ont lancé en 2005 un débat de haut niveau sur la nature de l'Union Européenne qui a conduit la CGT à appeler à voter non et au rejet de la constitution européenne à 54 % ?

 

Quant au "vivre ensemble" qui est une aspiration laïque et républicaine à faire vivre dans la cité, cette notion ne saurait être dévoyée en une négation des antagonismes de classe qui se jouent sur chaque lieu de travail !

 

La multiplication de déclarations et initiatives individuelles de Thierry LEPAON sur des positions qui n'ont pas fait l'objet d'un débat et de décisions du CCN, voire contraire à ses orientations, nous interroge sur sa conception du mandat de secrétaire général confédéral.

 

Ce type de démarche ne saurait perdurer. Au moment où le gouvernement cherche à associer les organisations syndicales à l'accompagnement de mesures d'austérité à travers le pacte de responsabilité, la CE de l'UD :

 

  • réaffirme que le salariat n'a aucun intérêt commun avec le capital. La CGT ne pactise pas avec le patronat et s'oppose à toute forme de pacte (pacte de responsabilité, pactes régionaux, conférence sociale...) qui cherchent à associer les organisations syndicales à la régression sociale.

 

  • Appelle à la mobilisation la plus large possible contre le pacte d'austérité, dit pacte de responsabilité. Le pacte de responsabilité n'est ni amendable, ni négociable, il doit être retiré.
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Y

comment se fait-il qu'il y a au niveau du syndicat plusieurs structures à savoir : confédération, UD, UL....


tout comme au gouvernement ..le président ministres ou députés et les autres c'est à dire la masse salariale.....


c'est pourquoi je m'interroge "à quoi servent toutes ces structures??" Une seule suffit amplement... Où sont-ils lorsqu'il y a des problèmes à résoudre?  Il n'y a pas que les grosses
entreprises,  il y a aussi des "petits salariés" et là je ne les vois pas....à part les syndicalistes  de base..........
M


Il faudra qu'on en discute un jour - l'organisation fédérale et confédérale est correcte, l'existence des UL peut servir de contre-pouvoirs, par contre, lorsque ce sont les mêmes qu'on retrouve
du haut en bas et pas vraiment sur le terrain...secrétaire de syndicat qu'on retrouve dans des réunions UL et UD qui n'aboutissent à rien avec une participation à une commission fédérale qui
n'aboutit à rien, et ainsi de suite et en retour un étouffoir à revendications, à réflexions et une doxa imposée à tous. On a un gros machin qui fait des cartes et qui essaie de pousser du cul la
CFDT pour s'asseoir à sa place.



Y

Isabelle sort de ce corps !
M
La réponse, on la connaît: c'est que LE SYNDICAT, C'EST NOUS. ça peut pas faire du mal de rappeler cette évidence. Discutons, décidons, agissons ensemble. A bas la délégation de pouvoir! Pour des
raisons pratiques, il faut bien MANDATER certain-e-s d'entre-nous POUR EFFECTUER DES TÂCHES PRÉCISES, mais il nous faut refuser les chèques en blanc à «validité permanente». Au nom de quoi les élus
n'en feraient qu'à leur tête après avoir été désignés? Parce qu'ils comprendraient mieux que nous les problèmes? Bien sûr que non. Plus longtemps ils sont, encore une fois pour des raisons
pratiques, dégagés de nos tâches quotidiennes, et moins ils nous représentent. C'est évident. Triste, mais pas inévitable. DISCUTONS, DÉCIDONS, AGISSONS ENSEMBLE!
M

il est bien dommage de constater que même au niveau du syndicat certains préferent "écarter les vrais syndicalistes" pour y mettre des "carrièristes" profitant du système :être permanents,
voitures de fonction, congrès, salaires, indemnités de repas, indemnités de déplacement" à gogo"........Qui paye??????????????


Une réponse est souhaitée.................
T


ils ne te répondront jamais....



T


Ah ouais... comme Hollande avec Vals?